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Au coeur du «système Laval»

Gilles Vaillancourt, le jour de son arrestation.... (Patrick Sanfacon)

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Gilles Vaillancourt, le jour de son arrestation.

Patrick Sanfacon

Un mois à peine après avoir tourné son attention vers l'île Jésus, la commission Charbonneau s'attaque au coeur du «système Laval». Décrit comme l'intermédiaire entre la collecte du «2%» et le parti de l'ex-maire Vaillancourt, le notaire Jean Gauthier doit s'expliquer aujourd'hui.

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Infographie La Presse

Des ingénieurs ont affirmé que l'homme agissait comme collecteur de la ristourne sur leurs contrats municipaux. L'ex-agent officiel du PRO des Lavallois et le responsable de la caisse occulte du parti ont tous deux affirmé que Jean Gauthier tirait en réalité les cordes de la bourse.

Dans cette dernière ligne droite avant la pause estivale, La Presse résume aujourd'hui le «système Laval» exposé par les 18 derniers témoins depuis le 15 mai.

1. Autorisation des projets

L'ex-maire Gilles Vaillancourt contrôlait tout d'une main de fer Laval, selon ses plusieurs témoins entendus. S'il prenait soin d'éviter de parler en termes précis du stratagème du «2%», plusieurs ont affirmé que l'ex-maire était au courant du partage des contrats. En fait, pas moins de neuf témoins ont identifié Gilles Vaillancourt comme le «boss» ou le «chef d'orchestre» de la collusion à Laval. Témoignage particulièrement compromettant, l'ingénieur Marc Gendron dit avoir fait un rapport annuel à l'ex-maire sur la collecte du «2%» qu'il effectuait auprès des entreprises de construction.

2. Partage des contrats

De nombreux témoins ont affirmé que le partage des contrats était géré par le directeur du service de génie de Laval, Claude DeGuise. Pour calmer l'appétit des entrepreneurs, la Ville concentrait ses appels d'offres en une seule journée, ce qui permettait de satisfaire d'un seul coup un grand nombre d'entreprises. Avant l'ouverture des soumissions, Claude DeGuise convoquait les entrepreneurs destinés à gagner dans son bureau de l'hôtel de ville pour leur fournir l'évaluation municipale du coût des travaux et le nom des participants à l'appel d'offres. Les entrepreneurs devaient s'appeler entre eux pour s'entendre sur le prix de leurs soumissions. Arrêté le 9 mai par l'UPAC, Claude DeGuise refuse de témoigner devant la commission Charbonneau et demande à faire casser sa sommation à comparaître.

3. Faux extras

Certaines firmes de génie et entreprises de construction ont manoeuvré entre elles pour obtenir des faux extras de la Ville de Laval. L'ingénieur Roger Desbois dit avoir reçu de 400 000 à 450 000$ en accordant des suppléments injustifiés à des entrepreneurs.

4. Collecte du «2%»

Les firmes de génie et entreprises de construction devaient remettre un pourcentage de leurs honoraires. Les témoins ont parlé d'une ristourne de 2%, mais certains ont affirmé qu'il était possible de négocier à la baisse cette ristourne. Deux collecteurs, Marc Gendron et Roger Desbois, ont affirmé à la Commission avoir récolté ensemble au moins 4,2 millions de dollars. Les deux hommes ont indiqué que les firmes de génie devaient pour leur part remettre leur «2%» directement au notaire Jean Gauthier.

5. Caisse occulte

Les deux collecteurs du «2%» entendus jusqu'à présent ont affirmé avoir remis l'argent à un dépositaire. Responsable de collecter les entreprises de construction de 1996 à 2003, l'ingénieur Marc Gendron a indiqué avoir principalement remis l'argent au frère du maire, Guy Vaillancourt. Son successeur, l'ingénieur Roger Desbois, a pour sa part dit avoir remis l'argent à l'avocat Pierre L. Lambert. Ce dernier a d'ailleurs corroboré cette version la semaine dernière, remettant à la Commission une somme de 721 910$ qui restait en sa possession après la dissolution du PRO des Lavallois.

6. Retour au parti

Seule une partie des 2% aurait été acheminée au PRO des Lavallois. L'ex-agent officiel du PRO, Me Jean Bertrand, a affirmé avoir reçu un maximum de 1,3 million de 1996 à 2010. L'avocat dit avoir reçu la majorité de l'argent du notaire Jean Gauthier, qui lui disait qu'il s'agissait de dons anonymes d'ingénieurs. Une partie de l'argent provenait également de l'avocat Pierre Lambert. Ce dernier a d'ailleurs reconnu avoir remis de l'argent à Jean Bertrand, mais qu'il devait au préalable recevoir l'autorisation de Jean Gauthier. Les témoignages entendus jusqu'à présent permettent de constater qu'une importante partie du «2%» manque toutefois à l'appel, la collecte ayant rapporté au moins 4,2 millions.

7. Prête-noms

Le PRO des Lavallois avait élaboré un système pour «blanchir» l'argent en provenance de la collecte du «2%». L'ex-agent officiel du parti, Jean Bertrand, dit avoir remboursé les contributions politiques de 25 conseillers municipaux lavallois de 1996 à 2010. Cinq élus sont venus confirmer avoir empoché des enveloppes remplies d'argent de l'ex-agent officiel de leur parti pour couvrir leurs dons et ceux de leurs proches. Ces révélations ont mené à la mise en tutelle de Laval.




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