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Élections clés en main 101

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Gilles Cloutier

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Spécialiste d'élections clés en main, Gilles Cloutier a expliqué comment il aidait les aspirants maires à remporter leurs élections.

1. La pré-campagne

Le nom de Gilles Cloutier circulait parmi les aspirants maires. Ceux-ci l'appelaient avant la campagne pour solliciter son aide. Lors d'une rencontre, il leur expliquait clairement qu'il leur assurait leur élection en échange de contrats pour son employeur, Roche. Gilles Cloutier a d'ailleurs été clair à ce sujet: seules les municipalités pouvant rapporter de juteux contrats étaient considérées.

2. Asseoir son autorité

Une fois que Cloutier avait accepté d'organiser une élection, il mettait le parti ou l'équipe de candidats à sa main. Il demandait d'abord une procuration pour recevoir tous les documents liés à l'élection. Ce contrôle était essentiel pour assurer le bon fonctionnement de la double comptabilité et ainsi camoufler certaines dépenses dépassant la limite permise. Les agents officiels ignoraient généralement ses manoeuvres, recevant des documents souvent truqués ou incomplets. Si un agent posait trop de questions, Cloutier demandait à l'aspirant maire de le faire taire ou de le remplacer.

3. Rencontre avec les candidats

Tout juste avant le lancement de la campagne, Cloutier rencontrait tous les candidats pour leur remettre une pile d'instructions. Il les invitait d'abord à une séance de photo, les conseillant sur leur habillement pour qu'ils aient l'air «propre». Il leur enseignait ensuite le b.a.-ba de la campagne, notamment l'importance de «respecter le gazon» des électeurs lors de leur porte-à-porte.

4. Porte-à-porte

Incontournable de toute campagne électorale, les candidats doivent visiter les électeurs tous les soirs, sept jours par semaine. L'objectif est double: faire connaître les candidats et évaluer rapidement de quel côté penche l'électeur, le fameux pointage. Entre deux visites, le candidat et un acolyte doivent inscrire sur la liste des électeurs s'ils sont sympathisants (S), indécis (I), adversaires (A) ou n'iront pas voter (X). Cette liste servira le jour du vote pour inciter les «bons» électeurs à se rendre voter.

5. Publicité

Toute bonne campagne a une bonne firme de communications à son service. Gilles Cloutier aimait envoyer un dépliant par semaine et le programme du parti la semaine du vote pour faire bonne impression. Ces dépenses étant importantes, la firme devait être prête à se faire payer officieusement une partie de ses services.

6. Vote par anticipation

La journée du vote par anticipation est fort importante selon Gilles Cloutier. L'organisateur dit avoir développé une technique de parrainage où des «bénévoles», toujours rémunérés en réalité, recrutent chacun 20 électeurs qu'ils s'engagent à faire voter. Il dit avoir ainsi amassé une liste de 3000 partisans lors d'une élection. Pour motiver ses troupes, il offrait un cadeau d'une valeur de 1500$ - billets de hockey ou voyage en Floride - à celui qui ferait voter le plus de personnes. Cloutier dit avoir réussi un jour à faire voter 40% d'une municipalité lors d'un vote par anticipation.

7. Cocktails de financement

La dernière semaine de campagne, Gilles Cloutier organisait systématiquement un cocktail de financement. Si l'objectif officiel est de récolter des fonds pour l'élection, le véritable objectif était de calmer les consciences, a-t-il révélé. Pour éviter que les candidats et électeurs se questionnent sur la provenance des fonds, il leur demandait de vendre des billets. Leur contribution était toutefois nettement insuffisante, si bien que l'organisateur devait «blanchir» la majeure partie de l'argent nécessaire à la campagne.

8. Jour J

Le jour du vote - jour J dans le jargon de Cloutier -, l'organisateur louait un 2e local pour son parti afin d'y loger 20 à 25 téléphonistes. Leur travail était d'appeler les sympathisants du parti pour les inciter à voter. Le témoin avait un système élaboré pour savoir dans quels secteurs les électeurs votaient moins et il pouvait ainsi demander à ses «bénévoles» d'appeler davantage. Il affirme qu'il recevait des rapports chaque heure sur le déroulement du vote grâce à des «chasseurs».




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