Six ans après le mémorable cafouillage des travaux de réfection du boulevard Saint-Laurent, les commerçants ont eu droit à une nouvelle explication, hier: les plans fournis par la Ville étaient incomplets.

Mis à jour le 4 oct. 2012
Karim Benessaieh LA PRESSE

Cette faille surprenante a été révélée par l'ex-propriétaire de la firme Infrabec, Lino Zambito, qui a hérité du contrat de 4,5 millions de dollars à l'automne 2007. Il a expliqué à la commission Charbonneau que les ingénieurs de la Ville avaient omis de signaler la présence d'une dalle de béton sous la chaussée, sur une distance de plus de 700 m, entre les rues Sherbrooke et Roy. Cet oubli a causé à lui seul un dépassement de coûts de 800 000$ et des retards considérables dans les travaux.

Les commerçants peu supris

L'aveu n'étonne pas les commerçants interrogés par La Presse, qui ont perdu plus du tiers de leur clientèle à cause de ce cauchemar qui a duré de 2006 à 2008. «Ça nous avait été confirmé, il n'y avait pas assez d'information, les travaux s'éternisaient et la Ville ne faisait pas sa job», affirme Guy Bisson, propriétaire de l'hôtel L'Abri du voyageur.

«Nous, on capotait, renchérit Éric, fleuriste à la boutique Pourquoi pas. Le même trou pouvait être creusé et rempli 5, 10 fois. C'était particulier.»

L'erreur de Gaz Métro

Au cafouillage dû à des plans incomplets s'est ajoutée l'erreur de Gaz Métro, qui a forcé la réouverture du chantier au printemps 2008 pour la réfection de son propre réseau. La perte de clientèle a forcé plusieurs commerçants à fermer. «Il y avait une surprise après l'autre, se rappelle François Patenaude, propriétaire de la boutique Montréal Images. Est-ce que c'était à cause de Gaz Métro ou de l'appel d'offres? La Ville de Montréal, c'est vraiment n'importe quoi. C'est géré tout croche.»