En plus des groupes Accurso et Catania, Jacques Duchesneau et son équipe ont fait enquête sur quatre autres entreprises, entre autres. Voici un survol de leurs dossiers chauds.

Francis Vailles LA PRESSE

DJL

Construction DJL est l'un des cinq principaux contractants qui fait affaires avec la Ville de Montréal. L'entreprise présidée par Marcel Roireau est une filiale du géant français Eurovia, reconnu coupable de collusion dans le secteur des panneaux de signalisation en Europe. En 2004, DJL et une concurrente ont fait l'objet d'une enquête de la Ville de Gatineau parce que les prix pour l'asphaltage des routes y étaient nettement plus élevés qu'ailleurs au Québec. Les allégations de collusion n'ont pas été démontrées, mais l'asphalte coûterait toujours cher. Constat semblable en Gaspésie, où des élus se sont plaints en 2011 du monopole détenu par Pavage Beau Bassin, filiale de DJL. Selon un reportage du Devoir, les prix seraient parfois 50% plus élevés qu'ailleurs, ce que l'entreprise explique par l'éloignement.

Sintra

Sintra est une filiale de la multinationale Colas-Bouygues. L'une des branches de cette multinationale a été reconnue coupable de collusion dans le secteur des panneaux de signalisation en Europe. Au Québec, Sintra est l'une des entreprises d'asphaltage qui se partageraient avec quelques sociétés le territoire de Bas-Saint-Laurent-Gaspésie, selon un reportage de Radio-Canada. Depuis 2004, Sintra a ainsi obtenu la presque totalité des contrats du secteur Rimouski-Neigette, selon la télévision publique. Par ailleurs, entre octobre 2009 et juillet 2011, Sintra a obtenu 40% de la valeur des contrats du ministère des Transports du Québec, a révélé The Gazette, pour une somme de 124 millions. Deux autres entreprises ont reçu 30% des contrats et le reste (30%) a été séparé entre 42 autres sociétés.

CJRB

CJRB, de Terrebonne, est dirigée par Christian Blanchet. L'un des contrats qu'elle a récemment obtenus dans la couronne nord de Montréal fait l'objet d'une enquête, a indiqué hier une agente du renseignement à la commission Charbonneau. En 2004, CJRB a fait parler d'elle dans une cause qu'elle a perdue contre l'entreprise Béton Provincial pour une affaire à Gatineau. L'année précédente, Blanchet avait rompu unilatéralement un contrat de 850 000$ avec Béton Provincial. Il avait coupé les ponts avec son fournisseur après avoir subi de fortes pressions du concurrent Miceli, selon le patron de Béton Provincial. Le juge a donné raison à Béton Provincial, jugeant le témoignage de Blanchet peu crédible.

Doncar

Doncar a été ciblée par l'Unité anticollusion parce qu'elle a réalisé des travaux pour une municipalité de la couronne nord de Montréal bien qu'elle ait été disqualifiée du processus d'appel d'offres. Les travaux avaient été sous-traités par CJRB. Par ailleurs, en juillet 2010, la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) a suspendu la licence de Doncar pour 15 jours parce que cette entreprise s'était reconnue coupable d'une fraude fiscale de 128 062$ en 2008. L'entreprise avait inscrit de fausses dépenses de 478 261$ dans ses états financiers pour l'année d'imposition 2002, a découvert l'Agence du revenu du Canada. La décision de la RBQ a toutefois été contestée par Doncar parce qu'il n'a pas été prouvé que la fraude fiscale est liée à l'industrie de la construction, tel que le veut la loi de la RBQ. Doncar a eu gain de cause en novembre 2011.