L'opposition péquiste a exigé jeudi que Jean Charest rende des comptes sur le montant des honoraires versés à son avocat à la commission Bastarache.

Publié le 17 mars 2011
Martin Ouellet LA PRESSE CANADIENNE

Depuis deux jours, le Parti québécois tente de comprendre comment l'avocat du premier ministre, Me André Ryan, a pu réclamer des honoraires de plus de 265 000 $ pour la seule commission Bastarache.

À l'instar de l'ancien ministre libéral de la Justice, Marc Bellemare, l'opposition officielle presse le premier ministre de présenter les factures produites par son avocat.

«C'est beaucoup plus que 10 heures par jour, qui ont été facturées. C'est combien? 30? 40? 50 par jour, de manière ininterrompue? Devant l'ampleur des questionnements de plus en plus troublants, est-ce que le premier ministre peut déposer l'ensemble des factures de son avocat?», a lancé en Chambre la porte-parole du Parti québécois en matière de justice, Véronique Hivon.

À la place de M. Charest, le leader parlementaire du gouvernement et ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, s'est chargé de fournir la réplique.

Après avoir accusé la députée Hivon de verser dans «l'insinuation», M. Fournier a tenté de justifier les honoraires réclamés par Me Ryan.

L'avocat, a-t-il dit, était assisté par deux collaborateurs durant une période qui s'est étalée de mai 2010 à janvier 2011, jusqu'au moment du dépôt du rapport Bastarache.

Or, selon le ministre Fournier, le PQ persiste «à ne pas compter toutes les semaines, à ne pas compter tous ceux qui ont travaillé et à faire des comparaisons avec d'autres avocats qui ont travaillé la moitié du temps.»

Pour M. Fournier, «on voit bien là qu'il y a une fabrication pour arriver à une conclusion qui ne tient pas la route.»

Allié objectif du Parti québécois dans ce dossier, l'ex-ministre Bellemare réclame de son côté que M. Charest produise les factures de son avocat dans les poursuites privées qui les ont opposées.

Dans une entrevue au journal Le Devoir, l'avocat de Québec explique qu'il en va de l'éthique du premier ministre et de la responsabilité du citoyen Jean Charest.

M. Bellemare craint d'être le seul à avoir payé sa défense de sa poche dans le litige privé qui l'a opposé au premier ministre.

Par souci de transparence et pour rassurer les contribuables, M. Charest doit présenter les pièces justificatives appropriées, a soutenu M. Bellemare.

M. Charest avait intenté une poursuite de 700 000 $ contre M. Bellemare au printemps 2010 à la suite d'allégations de ce dernier sur l'influence de collecteurs de fonds libéraux sur la nomination de magistrats.

L'ancien ministre avait rétorqué en septembre par une contre-poursuite de 900 000 $.

L'affaire s'est terminée en eau de boudin, les deux hommes ayant abandonné leur recours respectif.

Jusqu'à maintenant, M. Charest a toujours soutenu qu'il s'était personnellement chargé de payer ses avocats dans cette affaire.