La Charte des valeurs sera inutile pour freiner le développement de fondamentalismes religieux dans la société québécoise, selon la Fédération des femmes du Québec (FFQ) qui a publié, lundi, les grandes lignes de son mémoire qui sera présenté devant la commission parlementaire.

Publié le 20 janv. 2014
Annabelle Blais LA PRESSE

Au ministre des Institutions démocratiques Bernard Drainville qui a déclaré à La Presse: « tu ne peux pas prétendre lutter contre l'intégrisme et être contre la Charte », la FFQ répond que ce projet de loi rate la cible.

À ce sujet, la fédération propose que le gouvernement mette sur pied un comité de travail composé de chercheurs et de militantes féministes qui sera chargé de recommander des «pistes de travail »

Quant au contenu du projet de loi, la FFQ se dit contre l'interdiction du port de signes religieux pour les employés de l'État. Les militantes croient que cela aurait notamment pour effet de restreindre l'accès au travail à nombreuses femmes. Le mouvement dénonce aussi le privilège accordé à la religion catholique et cite en exemple le maintien de la croix à L'Assemblée nationale.

« Alors que l'Église catholique continue à justifier une approche patriarcale et homophobe, il est surprenant que les symboles de la foi chrétienne utilisés dans les institutions publiques ne dérangent pas autant le législateur que le port de symboles religieux par des individus », peut-on lire sur le site de la fédération.

La FFQ est toutefois contre le voile intégral pour le personnel de la fonction et des services publics, y compris dans les garderies en milieu familial. Selon elle, ce voile intégral « enferme les femmes dans une citoyenneté de seconde zone».

En ce qui concerne les accommodements raisonnables, la fédération ne juge pas utile d'encadrer davantage les règles qui sont suffisamment claires et efficaces, à leurs yeux. Elle croit cependant que les personnes appelées à gérer ces demandes devraient être davantage soutenues par des formations et des services-conseils.