Philippe Couillard a commis une « faute historique grave » en ne réglant pas la question identitaire et en ne facilitant pas davantage l'intégration des immigrants après l'attentat dans la Grande Mosquée de Québec, a dénoncé hier le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée.

Martin Croteau LA PRESSE

À quelques jours du premier anniversaire de la tuerie qui a fait six morts, plusieurs problèmes liés à l'intégration des immigrés persistent, a dit M. Lisée. Il reproche au premier ministre de ne pas avoir profité de l'élan de bonne volonté qui avait gagné l'Assemblée nationale après la tragédie.

« Le refus du premier ministre libéral de saisir le moment et de faire des changements réels immédiats est une faute historique grave », a dénoncé M. Lisée.

« Et lorsqu'on écrira la triste histoire du gouvernement Couillard, il y aura un chapitre où il a raté une occasion historique de rassembler les Québécois autour de ces questions », a dit M. Lisée.

Dans les semaines qui ont suivi la tuerie, les partis de l'opposition ont montré un front uni sur les accommodements raisonnables. Ils ont proposé d'interdire le port des signes religieux pour les personnes en situation d'autorité, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor.

M. Couillard a rejeté cette solution. Son gouvernement a plus tard fait adopter le projet de loi 62, qui prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert. Les partis de l'opposition ont tous voté contre le projet.

Dans la dernière année, le PQ a proposé une vingtaine de mesures pour faciliter l'intégration des immigrés à l'emploi. M. Lisée a notamment proposé des curriculum vitae anonymes pour prévenir la discrimination à l'embauche.

L'attentat n'est pas étranger à ces propositions, a indiqué M. Lisée.

« ÇA A AUGMENTÉ MA MOTIVATION »

« Ça a augmenté ma motivation, comme premier ministre, à agir immédiatement pour plus d'intégration à l'emploi, moins d'obstacles à l'emploi pour les immigrants et, une fois pour toutes, avoir une législation qui règle la question des règles du vivre-ensemble », a-t-il indiqué.

Dans les derniers mois, le gouvernement libéral a bonifié le Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME) et entrepris de mieux reconnaître les diplômes obtenus à l'étranger.

Depuis la Chine, où il pilote une mission économique, M. Couillard a établi mercredi un lien entre le débat identitaire et les incidents à connotation raciste qui semblent plus fréquents au Québec.

Certains y ont vu une critique du Parti québécois et de la Charte des valeurs du gouvernement Marois. M. Lisée a appelé le premier ministre à se montrer « à la hauteur des événements ».

« On est à la veille de la commémoration d'un événement tragique où il y a eu des victimes, a dit M. Lisée. Est-ce qu'on peut se concentrer sur la compassion et la solidarité ? »