Joe Biden et Paul McCartney sont nés la même année, en 1942. Paul a eu 82 ans le 18 juin dernier. Joe aura 82 ans le 20 novembre prochain.

McCartney poursuit sa tournée mondiale. À l’agenda, dans quelques semaines : l’Uruguay, l’Argentine, le Chili, le Brésil, le Pérou, le Mexique, la France, l’Espagne et l’Angleterre. Un spectacle de trois heures comprenant 37 chansons, de Can’t Buy Me Love à The End, en passant par Get Back et la très heavy métal Helter Skelter. Rock on !

Joe Biden poursuit sa campagne présidentielle. Vendredi, il était au Wisconsin, ce week-end en Pennsylvanie. Dans quelques semaines, ce sera sûrement la Géorgie, la Floride, l’Arizona, le Nevada… Ses spectacles à lui, ce sont les rassemblements et les débats.

Son premier débat n’a pas bien été. Pas parce que son adversaire l’a bouché. Parce que Biden était bouché, en partant. Il a bafouillé, tenu des propos incompréhensibles et a eu plusieurs trous de mémoire. Malgré tout, c’est lorsqu’il ne parlait pas qu’il était à son pire. Le regard complètement perdu, on avait juste envie de le prendre et d’aller le border dans son lit.

Depuis, il fait tout pour prouver que ce n’était qu’une mauvaise soirée. Pour convaincre le peuple américain qu’il est toujours alerte et vigoureux, il serait même prêt à relever tous les défis TikTok : le défi de danse sur la chanson Savage de Megan Thee Stallion, le défi #snoozzzapalooza, qui consiste à se garrocher du haut d’une scène sur un matelas Simmons, le défi du briseur de crâne, où l’on reçoit des coups de pied de la part de deux personnes pendant qu’on saute dans les airs, et le défi du poulet endormi, durant lequel on mange un poulet qui a mariné dans du Nyquil, un médicament qui traite les symptômes du rhume et de la grippe. On veut faire jeune ou on ne veut pas.

Joe n’a pas encore fait son choix. En attendant, le président a promis d’augmenter le nombre de siestes et d’éviter les évènements après 20 h. Ce qui veut dire que le 5 novembre, soir de l’élection, Biden, gagne ou perd, réagira, ou pas, de son lit.

Tous les comportements erratiques du leader démocrate font dire à plusieurs qu’il est trop vieux pour être président. Nuance. Ça n’est pas parce qu’il est vieux que Joe Biden ne devrait pas être président des États-Unis, c’est parce qu’il est erratique. L’un ne va pas nécessairement avec l’autre.

Et c’est là qu’on en revient à Paul McCartney, qui est de cinq mois l’aîné de Joe. Dans un débat contre Donald Trump, c’est sûr que je parie sur le Beatle gaucher. Il pourrait répondre au mépris et à la haine du Grand Orange par All You Need Is Love. Aucun doute sur les qualités cognitives de l’auteur de Let It Be.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM DE PAUL MCCARTNEY

Paul McCartney a soufflé ses 82 bougies en juin dernier.

Ce n’est pas l’âge, le problème de la campagne présidentielle américaine, c’est la proposition. Biden ou Trump ? Comment un peuple de 333 millions d’habitants peut-il en arriver à devoir choisir entre ces deux individus pour les diriger ? La première puissance mondiale. La patrie des Abraham Lincoln, John F. Kennedy et Martin Luther King. Le pays du meilleur et du pire. Comment peut-il se retrouver à choisir entre le pire et le moins pire ?

Le Rocket de Laval a une meilleure liste de candidats pour sélectionner son prochain instructeur-chef que the Rockets’ red glare n’en a pour choisir son commandant en chef.

La question est de savoir qui impose ce choix au peuple américain ? C’est le monde de la finance. C’est lui qui, à coups de millions, permet à un politicien de se hisser en haut du billet démocrate ou républicain. La finance a des intérêts qui sont souvent à l’opposé de ceux des citoyens. Et c’est pour ça qu’on se retrouve avec deux candidats qui n’incarnent pas le rêve américain.

PHOTO TOM BRENNER, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Donald Trump, le 28 juin dernier

Trump incarne le cauchemar américain.

Biden incarne le sommeil américain.

Le rêve est orphelin.

Nous, on sait que les États-Unis sont mieux avec un président qui en fait moins qu’un président qui en fait trop. Le moins, ça se rattrape, pas le trop. Mais les Américains risquent de préférer quelqu’un d’un peu plus allumé, même si c’est un allumeur. Ça va sauter.

Les démocrates ont-ils le temps de trouver une sauveuse ou un sauveur qui prendrait la place de Biden et remporterait la présidence ? Rien n’est moins sûr, d’autant que le président octogénaire ne semble pas prêt à laisser sa place, comme il l’a encore réitéré dans une entrevue à la chaîne ABC vendredi soir.

Get back, get back
Back to where you once belonged
Get back, get back
Back to where you once belonged, yeah
Oh, get back, Joe   

Où Joe doit-il revenir ? À la Maison-Blanche pour affronter les crises et les guerres ? Ou à la maison familiale pour vivre une retraite paisible ? Elle est où, la place de Joe ?