Quelle semaine on a vécue ! Pour plein de raisons, elle a été épuisante, assommante, désespérante. J’ose affirmer qu’elle a été l’une des plus difficiles des deux dernières années.

Publié le 8 janvier

Est-ce parce qu’on émerge d’un temps des Fêtes où l’on a englouti 148 heures de télé et de films ? Est-ce parce que les nouvelles étaient peu encourageantes et contradictoires ? Est-ce parce que les naufragés de Cancún nous ont brutalement confrontés à la culture du vide qui nous entoure ?

Toujours est-il qu’il est temps, plus que jamais, de faire bouger nos palmes et de remonter à la surface de l’eau pour prendre de l’oxygène. Ce n’est surtout pas le temps de lâcher !

Oui, je sais, ce n’est pas facile à dire quand nos dirigeants continuent d’annoncer des mesures qui risquent de tomber à l’eau dans quelques semaines. On consacre beaucoup d’énergie à tenter de comprendre ces virages à 180 degrés.

Pas facile d’amorcer une nouvelle année en regardant une conférence de presse avec Jean-François Roberge sur les mesures qui marqueront le retour en classe ou Christian Dubé qui nous parle des effets du délestage et des nouvelles portes qu’on s’apprête à fermer au nez des non-vaccinés.

Comme il n’est pas facile non plus d’être témoin d’altercations dans les commerces entre citoyens frustrés. Ça barde de plus en plus ! Cette cliente d’un supermarché de L’Île-des-Sœurs insultant un jeune homme d’origine asiatique était franchement lamentable. Ces gens deviennent des « célébrités » sur les réseaux sociaux, mais pas pour les bonnes raisons.

Tiens, parlant de « célébrités », on a appris que Brigitte Bardot refusait de se faire vacciner. L’icône serait « allergique à tous les produits chimiques ». Ça tombe bien, car nous sommes nombreux à avoir développé une allergie à ses déclarations toxiques.

Mais, comme au bout de chaque tunnel il y a une lumière, j’ai trouvé la lueur espérée dans cette nouvelle qui disait, vendredi, qu’un nombre croissant de personnes non vaccinées prenaient rendez-vous pour recevoir leur première dose. Ce n’est pas un raz-de-marée, mais c’est une excellente nouvelle.

On peut en déduire que les restrictions grandissantes portent leurs fruits. Parce que certains réalisent qu’ils ne peuvent plus prendre l’avion ou se rendre dans un grand nombre de lieux publics, des non-vaccinés découvrent tout à coup que cette étape est… essentielle. Bravo !

Resserrer davantage l’étau aux non-vaccinés est le sujet de l’heure en ce début d’année. Le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a dit vendredi que la vaccination obligatoire est le seul moyen de se sortir de cette crise. Il a raison.

Pour ce qui est de faire monter la température sous les fesses des antivax, comme l’ont fait Emmanuel Macron et Boris Johnson, cela a quelque chose de thérapeutique pour l’ensemble de la population tannée de voir une petite tranche de la population ralentir le groupe.

Ce qui est moins thérapeutique, ce sont les nombreuses contraintes qu’on continue d’imposer à l’ensemble de la population. On doit cependant reconnaître que certaines d’entre elles sont incontournables.

Il ne faut pas avoir peur de le dire. Ce fut une sage décision de supprimer les rigodons du jour de l’An. Les effets du réveillon de Noël se font durement sentir. On verra bientôt ceux de cette abstinence.

Nous sortons donc de cette période tumultueuse avec la réalité des autotests. Il est clair que nous nous apprêtons à vivre une bataille féroce pour l’obtention de ces petites boîtes. Ça va se jouer entre les pays (la ruée est déjà mondiale), mais aussi entre Québec et Ottawa. Il semble que le provincial a du mal à atteindre ses objectifs. Les stocks attendus mercredi dernier ne sont pas arrivés. Les millions de tests qui seront distribués au Québec à compter de mardi prochain viendront donc du fédéral.

Oui, c’est un début d’année très difficile. Mais alors qu’on se rapproche doucement de la « date anniversaire » des premières conférences de presse de François Legault qui ont concurrencé à l’audimat Star Académie et District 31, il faut penser à la guerre qui est menée, mais surtout aux nombreuses batailles qui ont été remportées à ce jour.

Il faut penser plus que jamais à se protéger. À protéger notre corps, notre tête.

Le doux détachement des vaches

Parlant de protection de l’esprit et d’évasion, au hasard de mes lectures des journaux internationaux des derniers jours, je suis tombé sur un article du quotidien The Guardian qui parlait du dernier film de la réalisatrice Andrea Arnold. Ça s’appelle Cow.

Pendant quatre ans, cette cinéaste hors normes a filmé la vie d’une vache. Oui, vous m’avez bien lu. Cette femme a consacré quatre années de sa vie à suivre une vache dans son quotidien. Ça lui a pris un certain temps pour mener ses « auditions », mais quand elle est tombée sur Luma, elle a eu un coup de foudre.

Le film de 94 minutes commence par une scène d’accouchement. Luma vit le « miracle » de la naissance. On nous montre ensuite les destins parallèles de la maman et de sa progéniture. Il y a des moments tristes, des moments heureux et beaucoup de meuglements. On nous dit que la fin est du pur Tarantino.

Vous vous dites en ce moment : mais que vient faire un film sur la vie d’une vache dans cette chronique ? Justement, il a tout à voir.

Quand je dis qu’il ne faut pas lâcher et qu’il faut savoir remonter à la surface, je pense que pour cela, il faut aller au bout de ses folies, se rabattre sur une passion, sonder sa créativité.

Il faut faire des films sur la vie d’une vache.

C’est ça qui va nous permettre de passer à travers cette bataille, ses contradictions, ses barrières et sa violence.

Ou alors, on peut tout simplement imiter le doux détachement des bovins quand ils broutent dans les prés. Ça aussi, ça aide.

Bon début d’année 2022 !

Regardez la bande-annonce de Cow