(Lethbridge) Une deuxième policière qui a infiltré le blocus frontalier de Coutts a déclaré qu’Anthony (Tony) Olienick affichait une forte aversion pour les policiers et lui avait dit qu’il avait des armes et des munitions à portée de main si ceux-ci intervenaient.

« Il défendait ce en quoi il croyait, a fait remarquer la policière vendredi devant la Cour du Banc du Roi de l’Alberta. Il était prêt à mourir pour défendre ses idées. »

Elle a témoigné qu’Olienick lui avait fait clairement comprendre qu’il n’aimait pas les policiers et estimait qu’« ils devraient tous être pendus ».

L’agente d’infiltration était à la barre des témoins lors du procès d’Olienick et de Chris Carbert. Les deux hommes sont accusés d’avoir conspiré pour assassiner des policiers à ce blocus en 2022.

Le blocus de la frontière par des poids lourds avait été organisé pour manifester contre les règles sanitaires et la vaccination obligatoire de certains Canadiens pendant la pandémie de COVID-19. Les manifestants avaient empêché la libre circulation des véhicules au poste frontalier canado-américain de Coutts pendant deux semaines.

La policière ne peut pas être identifiée publiquement et a été désignée devant le tribunal sous le nom de HQ1516.

Elle était l’une des deux membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui ont témoigné avoir infiltré le blocus en se faisant passer pour des bénévoles.

La première a témoigné qu’Olienick lui avait dit qu’il considérait la police comme des pions du « diable », le premier ministre canadien Justin Trudeau, et avait juré que si les policiers tentaient de disperser le blocus, il « leur trancherait la gorge ».

La deuxième a indiqué au tribunal vendredi qu’Olienick craignait que la GRC tente de mettre fin au blocus au milieu de la nuit, prenant les manifestants par surprise et sans défense.

Elle a déclaré qu’Olienick lui avait dit qu’il disposait d’armes à feu et de milliers de cartouches si la police intervenait – suffisamment pour équiper tout le monde au Smuggler’s Saloon, faisant référence au bar local qui était devenu le quartier général officieux des manifestants.

L’agente d’infiltration a détaillé une conversation qu’elle et sa partenaire infiltrée ont eue avec Olienick, lui demandant s’il avait besoin qu’elles récupèrent quelque chose avant de revenir à Coutts.

« Je me souviens juste que Tony avait l’air agréablement surpris, et (il) a dit qu’en fait, il avait un colis qui arrivait ce soir… des trucs qui pourraient être difficiles à apporter… si nous savions ce qu’il voulait dire », a-t-elle déclaré.

« Ce serait vraiment lourd et très important. »

La policière a ajouté qu’Olienick et Carbert semblaient inquiets que le colis, décrit comme un sac de hockey, soit trop lourd à transporter.

Les deux agentes leur ont demandé s’il s’agissait d’explosifs.

« Je me souviens que Chris riait et disait : “Pas d’explosifs” », a déclaré la policière vendredi.

Puis, elles lui ont demandé si le colis était des armes.

« Je me souviens juste que Chris et Tony ont établi un contact visuel et ils ne l’ont pas nié, a soutenu la policière. J’ai pris cela comme une reconnaissance du fait qu’il s’agissait d’armes à feu. »

HQ1516 devait être contre-interrogée par la défense vendredi après-midi.

Olienick et Carbert ont été arrêtés après que la Gendarmerie royale du Canada a découvert une cache d’armes à feu, de gilets pare-balles et de munitions dans des remorques à proximité.

Les deux hommes sont également accusés de méfait et de possession d’arme dans un dessein dangereux. Olienick fait face à une autre accusation de possession d’une bombe artisanale.