Quelque 30 % des mères québécoises surprotègent leur bébé, selon une nouvelle étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui montre aussi une hausse de plusieurs comportements positifs dans la relation parent-bébé.

Le tiers des mères

De plus en plus de mères surprotègent leur bébé au Québec. C’est ce que révèle la nouvelle publication Pratiques et attitudes parentales, relations, santé et bien-être des mères et des pères, réalisée à partir de l’étude longitudinale Grandir au Québec. Cette étude suivra jusqu’à l’âge adulte plus de 4000 enfants nés en 2020-2021. Les premiers résultats dévoilés mardi montrent qu’un peu moins du tiers des mères (30 %) surprotègent leur bébé, alors qu’elles étaient 18 % à le faire dans la cohorte précédente étudiée par l’ISQ, et qui portait sur des enfants nés en 1997-1998.

Près de soi en tout temps

La surprotection parentale englobe les comportements de protection qui sont excessifs au regard du stade développemental de l’enfant, note Christine Doucet, professionnelle de recherche aux études longitudinales de l’ISQ et auteure de la publication. « Par exemple, il peut s’agir de tenir absolument à avoir son bébé près de soi en tout temps, de se sentir mal de faire garder son bébé, etc. »

Symptômes dépressifs

Les jeunes parents interrogés par les chercheurs étaient aussi nombreux à présenter des symptômes dépressifs. « Durant la semaine ayant précédé l’étude, les mères d’environ 29 % des bébés et les pères d’environ 14 % des bébés présentaient des symptômes d’un niveau de sévérité indiquant une probable dépression clinique. » Ils notent que la collecte de données a eu lieu durant la pandémie de COVID-19, « un évènement qui a affecté la santé mentale générale de la population ». De plus, 33 % des mères et 26 % des pères disaient aussi avoir fréquemment « l’impression de courir toute la journée ».

Moins de coercition

L’étude a aussi permis de mettre en lumière plusieurs changements positifs dans la relation parent-bébé. Par exemple, pour la cohorte 1997-1998, 19 % des pères faisaient de la coercition parentale, c’est-à-dire qu’ils criaient ou se fâchaient lorsque leur bébé se montrait difficile. Cette proportion est passée à 12 % lors de la plus récente étude. « Il n’y a pas beaucoup d’enquêtes qui peuvent comparer deux cohortes dans le temps, donc c’est très intéressant », signale Mme Doucet.

Temps d’écran inquiétant chez les parents

L’une des variables nouvellement étudiées est l’effet du temps d’écran des parents sur leur relation avec leur bébé. L’étude a montré qu’une mère sur cinq passait cinq heures ou plus par jour devant un écran la semaine en dehors du travail. Chez les pères, ils sont 12 % la semaine à avoir ce comportement. « Les études sur le sujet démontrent qu’il pourrait y avoir un impact sur le développement de l’enfant, note Mme Doucet. Plus les heures passées devant un écran chaque jour par les parents sont élevées, plus le niveau de développement de l’enfant est faible un an plus tard. Donc, c’est quelque chose qu’on va continuer à suivre. »

Plus de pères engagés

Un grand nombre de nouveaux pères se disaient très engagés auprès de leur nouveau-né. Ils sont 82 % à dire qu’ils sont présents physiquement, émotionnellement et pour jouer avec leur enfant. « C’est important, car d’autres recherches ont montré que l’engagement des pères agit positivement sur le développement émotionnel et cognitif des enfants, sur leur réussite scolaire », note Mme Doucet. La lecture fait aussi partie de la vie de nombreux bébés, note l’étude. « À 5 mois, près de 4 enfants sur 10 (39 %) se faisaient quotidiennement faire la lecture (ou montrer des images ou des livres sans texte) par un adulte de la maison », signalent les chercheurs.