(Montréal) L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et le premier ministre du Québec déplorent que les villes se voient privées de 350 millions qui pourraient être investis en transport collectif et en infrastructures vertes, en raison d’une nouvelle orientation du gouvernement fédéral.

Mis à jour le 23 juin
Stéphane Blais La Presse Canadienne

Dans un communiqué publié jeudi, l’UMQ demande au gouvernement de remettre comme prévu un montant de 350 millions au gouvernement du Québec, comme le stipulerait l’Entente bilatérale Canada-Québec pour le programme d’infrastructure.

« Au nom de toutes les municipalités québécoises, je demande au gouvernement fédéral de reconsidérer sa position », a souligné le président de l’UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Le président de l’UMQ comprend mal, dans un contexte d’urgence climatique, « l’orientation du gouvernement fédéral de ne pas transférer cette somme tel que le stipule l’entente », alors que les députés fédéraux s’apprêtent, jeudi, à quitter le parlement pour l’été.

En marge d’une conférence de presse en après-midi, le premier ministre François Legault a réagi en disant « qu’on ne peut pas décider à la dernière minute que l’entente signée » s’arrête en 2023.

François Legault a demandé à Ottawa de revoir cette décision qui n’a « pas de bon sens ».

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui accompagnait le premier ministre jeudi après-midi, s’est également montrée déçue en affirmant que la décision aura « un impact majeur sur Montréal » et « que pour moi c’est un non-sens » à l’heure où « il y a une urgence climatique ».

Des sommes provenant de différents programmes

Le maire de Candiac, Normand Dyotte, a expliqué à La Presse Canadienne que « ce sont des soldes de différents programmes, un sur le transport collectif et il y en a pour 300 millions et un de 50 millions concernant des fonds sur les eaux usées, qui n’ont pas été dépensés depuis quelques années ».

Or, selon M. Dyotte, l’entente prévoyait que « les soldes qui ne sont pas utilisés soient transférés dans la nouvelle entente bilatérale de 2018 à 2028 ».

Pour les municipalités, « c’est important, on a besoin d’investissements dans le transport collectif », a ajouté le maire Dyotte.

Dans son communiqué, l’UMQ précise que « le gouvernement fédéral s’était engagé à ajouter aux montants prévus pour les volets transport en commun et infrastructures vertes du Programme d’infrastructure Investir dans le Canada, les montants résiduels provenant du Fonds pour l’infrastructure de transport en commun (FITC) et du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU), soit l’équivalent d’une somme de 350 millions. Or, en mai dernier, le gouvernement fédéral a mentionné qu’il n’avait plus l’intention de verser cette somme au gouvernement du Québec, mais bien de l’affecter au fonds consolidé. »

La Presse Canadienne a tenté de questionner le bureau du Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités, qui est formé de députés des quatre principaux partis, mais attend une réponse de sa part.