Un deuxième petit rorqual a été observé mercredi dans le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Montréal, une situation complètement inédite dans l’histoire récente.

Mis à jour le 11 mai
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

« Il pourrait s’agir du même individu que celui observé aux alentours de Trois-Rivières ce lundi 9 mai, et au niveau de Varennes ce mercredi matin », a indiqué le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) mercredi en fin de journée.

La présence de l’animal avait été signalée plus tôt mercredi, vers 12 h 30, au niveau de la bouée 187, près du quartier De Maisonneuve. Une équipe a été dépêchée sur place pour tenter de le localiser et de suivre ses déplacements.

Il s’agit du deuxième spécimen de la même espèce dans les eaux montréalaises au même moment, une situation complètement inédite. Son confrère a été observé près de l’île Sainte-Hélène jusqu’en milieu d’après-midi mercredi.

Le GREMM demande aux personnes qui réussiraient à repérer les deux animaux de ne pas tenter de les approcher avec une embarcation et d’appeler immédiatement le 1 877 722-5346, le numéro d’Urgences Mammifères Marins.

Le premier se porte bien

Des bénévoles du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) ont repris leur quart d’observation dès 8 h mercredi matin afin d’observer le premier petit rorqual qui se trouvait toujours au même endroit que la veille, soit près de la rive de l’île Sainte-Hélène, à la hauteur de la sculpture des Trois-disques.

Mardi, son état de santé paraissait bon, même si sa présence en eau douce est considérée comme périlleuse pour son bien-être. « Il nage tranquillement sur place, à contre-courant, son comportement est normal, sa ventilation est régulière et l’état de sa peau est bon », précise le GREMM sur son site web.

Mercredi, un membre de l’équipe mobile du réseau d’urgence s’est déplacé sur les lieux pour analyser « en profondeur » la situation, selon le GREMM. Jusqu’à présent, il a été décidé qu’aucune intervention humaine ne serait mise en place pour tenter de convaincre le cétacé de rebrousser chemin vers l’estuaire du Saint-Laurent, à plus de 400 kilomètres.

« Il n’existe à l’heure actuelle aucune technique connue ou expertise dans le monde pour déplacer ou repousser un animal marin de cette taille sur 400 km, précise aussi le GREMM sur son site web. L’animal doit choisir de rebrousser chemin par lui-même. »

Un phénomène naturel

Plusieurs critères doivent être satisfaits pour que le RQUMM décide d’intervenir auprès d’un animal marin en difficulté, et le petit rorqual ne les remplit pas. Notamment, il ne fait pas partie d’une espèce menacée et sa présence ne pose pas un risque de santé publique, précise Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM. Sans compter que sa remontée jusqu’à Montréal, bien qu’il s’agisse d’une occurrence rare dont les chercheurs ignorent les causes, demeure un phénomène naturel.

En 2020, un rorqual à bosse avait aussi ébloui les Montréalais par ses sauts dans le fleuve Saint-Laurent, égayant la population confinée, en plein début de pandémie. La baleine avait cependant été retrouvée échouée à la hauteur de Varennes deux semaines plus tard. Après autopsie, la cause exacte de sa mort n’avait pas pu être déterminée avec certitude. Elle aurait pu entrer en collision avec l’un des nombreux navires circulant dans le port de Montréal ou avoir succombé à une grave infection, selon M. Michaud.

En 2012, un béluga avait aussi remonté jusqu’à Montréal, causant la surprise. Avant cela, il faut remonter à 1901 pour la dernière baleine observée dans la métropole.