Après l’Ontario, où quatre fermes ont été placées en quarantaine, la Colombie-Britannique et les Maritimes, les premiers cas québécois d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N1), détectés sur des oiseaux sauvages, ont été confirmés lundi.

Mis à jour le 4 avril
Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

Un cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a été détecté à Granby, sur une bernache du Canada. Les deux autres ont été trouvés à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Saint-Isidore-de-Laprairie, en Montérégie, sur des oies des neiges.

C’était attendu, puisque plusieurs cas ont été recensés chez des oiseaux sauvages et d’élevage depuis décembre dernier au Canada, ont indiqué les ministères des Forêts, de la Faune et des Parcs et de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans un communiqué conjoint jeudi.

Cinq fermes avicoles du sud de l’Ontario ont déjà été placées en quarantaine par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Les cinq cas ont été confirmés dans un intervalle d’une semaine par l’ACIA, dont le plus récent cas, un petit élevage, samedi dernier.

Le risque que des fermes québécoises soient touchées à leur tour est « très élevé », estime le DJean-Pierre Vaillancourt, professeur à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. « C’est le plus élevé que j’ai vu depuis les 20 dernières années. C’est dû en partie au virus, qui est différent de ce que nous avons vu avant », a mentionné le DVaillancourt par courriel.

Dans le sud de l’Ontario, l’ACIA a indiqué avoir instauré des mesures de contrôle pour limiter les mouvements d’animaux.

Pire en Europe

Au moins 34 pays sont déjà touchés en Europe. Dans le nord de l’Italie, 18 millions de volailles d’élevage ont été abattues.

En France, où plus de 1100 foyers ont été détectés en élevage, et plus de dix millions de volailles abattues, il s’agit de la plus sévère épizootie de grippe aviaire à avoir touché le pays. L’Ouest, particulièrement la Vendée, est frappé de plein fouet, avec au moins 500 foyers. La Dordogne, dans le Sud-Ouest, épargnée jusqu’à récemment, compte au moins trois fermes touchées, a annoncé la préfecture dimanche.

Conséquences dévastatrices

Si l’influenza aviaire ne menace pas la conservation des espèces sauvages, les volailles d’élevage y sont plus sensibles et peuvent subir une mortalité importante. « Les conséquences peuvent être dévastatrices pour l’industrie », souligne Québec.

Par contre, le virus se transmet « difficilement et rarement » à l’être humain, surtout à des travailleurs « en contact étroit et soutenu avec de la volaille infectée en milieu clos ».

De plus, il n’existe « aucune preuve scientifique » indiquant que la viande de sauvagine correctement cuite soit une source d’infection.

« En règle générale, la population ne doit pas manipuler d’oiseaux sauvages vivants ou morts », préviennent toutefois les ministères.

Avec La Presse Canadienne et l’Agence France-Presse

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