Un médecin québécois, père de deux enfants, ne pouvait rester insensible devant l’invasion de l’Ukraine par la Russie et a décidé de partir soigner les Ukrainiens en zone de guerre.

Mis à jour le 1er mars
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

Julien Auger, médecin au Centre hospitalier de Saint-Jérôme, a décidé de répondre à un appel à l’aide du ministère de la Santé ukrainien. Il s’attend à partir d’un jour à l’autre pour prêter main-forte dans les hôpitaux ukrainiens débordés par les blessures de guerre et la COVID-19.

« Où ça va s’arrêter si personne ne fait rien ? », demande en entrevue le médecin de 35 ans, en référence à l’agression russe. « J’ai été inspiré par le courage des Ukrainiens, leur détermination et leur capacité à se défendre. Il faut que j’aie le courage de mes convictions. »

Comme bien d’autres, le Québécois a été « bouleversé » par le déclenchement subit de l’invasion russe. Il a cherché des moyens de s’impliquer. Sur Reddit, il a trouvé un ancien militaire de la région de Toronto qui voulait aller combattre en Ukraine, mais qui manquait d’argent.

« J’ai payé une partie de son billet d’avion et il part jeudi », raconte le DAuger.

« Ma façon d’aider »

Lui-même voulait aider davantage. Mais il ne se voyait pas partir sans encadrement dans une zone de guerre. Puis lundi, raconte-t-il, il est tombé sur un appel formel du ministère ukrainien de la Santé, à la recherche de professionnels à travers le monde.

Je ne voulais pas me rendre là sans organisation, dans une zone de guerre. Quand le ministère de la Santé a lancé l’appel, je me suis dit que je pourrais être utile. Je me sentais à l’aise.

Le Dr Julien Auger, médecin au Centre hospitalier de Saint-Jérôme

« J’ai vu dans les reportages que plusieurs médecins en moyens ont fui et les hôpitaux réguliers sont submergés de cas de COVID et ne fournissent pas. Je me suis dit : ça peut être ma façon d’aider », explique-t-il.

Père d’enfants de 3 et 5 ans, Julien Auger a eu de franches discussions avec sa conjointe.

« Ma conjointe voyait que ça me préoccupait beaucoup. On avait abordé le sujet, dit-il. Si ça devenait un conflit à plus grande échelle, est-ce qu’elle serait à l’aise que j’aille faire de l’aide humanitaire là-bas ? Elle m’avait dit que oui. »

Le médecin a contacté lundi l’ambassade d’Ukraine au Canada, comme le demandait le ministère de la Santé. Il attend sa réponse pour partir en zone de guerre.

« Mon but, c’est d’aller aider comme je le peux, je suis médecin. Mais c’est peut-être surtout de sensibiliser et mobiliser d’autres personnes qui peuvent aider de façon plus militaire ou humanitaire. La cause est trop importante. »