(Vankleek Hill et Ottawa) Après avoir battu en retraite à Ottawa, des manifestants ont convergé vers d’autres lieux de rassemblement, dimanche.

Publié le 21 février
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse
Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

À Vankleek Hill, à environ 100 kilomètres de la capitale canadienne, entre Ottawa et Montréal, plus d’une centaine de personnes se sont réunies jusqu’en fin de soirée, avant de devoir plier bagage.

Dans le stationnement du relais routier Herb’s, plusieurs dizaines de camions et de voitures faisaient entendre leurs klaxons au passage de La Presse. Des tentes, sur lesquelles on pouvait lire « Convoi de la liberté 2022 », abritaient de nombreux protestataires venus d’Ottawa.

En début de soirée, des poids lourds décorés de drapeaux du Canada et d’autres véhicules motorisés ont quitté le stationnement, à la demande du propriétaire du relais routier, selon un organisateur. Celui-ci a néanmoins précisé que des manifestants pourraient rester encore plusieurs heures.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Granny, manifestante

Aucune personne interrogée n’a voulu révéler son nom de famille, prétextant ne pas faire confiance aux médias traditionnels. « Je suis ici pour mes croyances, pour la liberté de choix », lance Granny. Elle a refusé de parler de l’obligation vaccinale et du vaccin contre la COVID-19 en général afin « de ne pas prononcer le mot en V ». La dame dit être au relais routier pour ses deux petits-enfants. « Moi, j’ai eu une bonne vie », fait-elle valoir.

Suzanne, une résidante de Lac-Mégantic, affirme pour sa part être venue encourager les camionneurs. « Je trouve qu’on est restreints dans nos libertés actuellement. Ce n’est pas une question d’être vaccinés ou pas, c’est une question d’avoir le choix. Ici, il y a des gens vaccinés et non vaccinés, mais il n’y a pas de haine », lâche-t-elle, déplorant « l’injustice sociale » entourant les mesures sanitaires.

On vit dans la peur et les limites au Canada. Et tout ça nous a affectés de toutes les façons possibles. Pendant ce temps, il n’y a pas eu vraiment de soutien pour la santé mentale. C’est pour ça qu’on est là.

Suzanne, résidante de Lac-Mégantic

Steve, un fermier de la région de Hawkesbury, abonde dans son sens. « On est ici parce qu’on veut la liberté. On veut vivre heureux et libres. On aime ce qu’on fait, mais on aime aussi prendre des vacances, aller dans des restaurants, comme tout le monde. Sauf que maintenant, le gouvernement nous donne des noms, des étiquettes, et nous insulte », martèle-t-il, appelant les gens à cesser la division et plutôt à « s’aimer les uns les autres ».

Des manifestants se déplacent

D’autres protestataires se sont aussi rassemblés devant le Musée canadien de la guerre, à quelque deux kilomètres à l’ouest des principaux édifices parlementaires.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

D’autres protestataires se sont rassemblés devant le Musée canadien de la guerre.

« Ce n’est pas fini. Dès que nous le pourrons, nous allons y retourner ! C’est notre pays et c’est notre ville. Ils n’appartiennent pas à Justin Trudeau. Il veut être un dictateur. Tout ce qu’il fait est tiré du mode d’emploi d’un dictateur », s’est insurgé Scott, alors que des voitures klaxonnaient, à l’intersection des rues Wellington, qui est fermée, et Booth.

Enveloppé d’un drapeau cubain, Herbert Eduardo Smith Dominguez s’était déplacé à ce nouveau lieu de protestation pour dénoncer ce qu’il perçoit comme un dangereux virage politique. Depuis trois semaines, il proteste à Ottawa pour dénoncer davantage cela que les mesures sanitaires.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Manifestants devant le Musée canadien de la guerre

« C’est l’imposition d’une nouvelle mondialisation du communisme. Justin Trudeau adore [l’ancien président de Cuba] Fidel Castro », lance-t-il en faisant des parallèles entre le premier ministre et les dirigeants du Venezuela, du Nicaragua, de la Corée du Nord ou encore de la Chine.

Dimanche soir, d’autres manifestants se sont aussi réunis dans le secteur d’Embrun, une municipalité située au sud d’Ottawa. Les autorités policières ont indiqué dimanche qu’une surveillance étroite de ces différents rassemblements continuera d’être assurée à l’extérieur de la ville d’Ottawa.