La pratique du vélo d’hiver gagne en popularité au Québec. Nous avons demandé à plusieurs cyclistes de Montréal et d’ailleurs de nous donner leurs impressions sur ce moyen de transport et sur la façon dont il est perçu autour d’eux.

Publié le 15 février
Nicolas Bérubé
Nicolas Bérubé La Presse

83 %

Augmentation du nombre de personnes ayant emprunté les pistes cyclables en hiver à Montréal en 2020 par rapport à la moyenne de 2015-2019, selon le bureau montréalais d’Eco-Compteur

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)

560

Nombre moyen de personnes à vélo par jour enregistré aux compteurs situés sur les boulevards Saint-Laurent et de l’Acadie entre le 21 décembre 2019 et le 20 mars 2020

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)

PHOTO ROCKET LAVOIE, LE QUOTIDIEN

Joanie Gervais

J’habite à Chicoutimi et je n’ai pas d’auto, je fais tout à vélo : mon épicerie, mes emplettes… Ça fait une dizaine de kilomètres en tout. Je croise d’autres cyclistes, plus que je l’anticipais. Je me fais remarquer, c’est sûr. Les gens me trouvent bonne, ils ne comprennent pas, mais je ne me fais pas crier après non plus par les automobilistes. Les Québécois, on est tous habitués à aller dehors quand il fait froid, -20 °C, -30 °C. On ne s’empêche pas de vivre : on va faire du ski alpin, on va faire du sport. Donc, pourquoi pas du vélo ?

Joanie Gervais, étudiante à la maîtrise au département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Montréal

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Célia Kingsbury

Les gens disent qu’on est courageuses, mais finalement, on ne l’est pas tant que ça, on fait juste se rendre quelque part. Je prends mon vélo pour être active, pour ne pas utiliser mon auto, pour réduire mon empreinte environnementale. Aussi, tu es indépendante dans tes déplacements, tu n’attends pas après un autobus ou un métro, tu pars quand tu veux… J’ai l’impression de faire d’une pierre trois coups.

Célia Kingsbury, étudiante au doctorat à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

Qui fait du vélo d’hiver ?

– Hommes à majorité – Âge : entre 20 et 40 ans – Objectif : aller au travail rapidement – Raisons : exercice physique et attitudes proenvironnementales – Préoccupation : entretien des pistes cyclables

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec

Les gens qui n’ont jamais fait de vélo l’hiver peuvent avoir la perception que c’est inaccessible. Ce que j’ai réalisé, c’est que c’est plus simple qu’on le croit. À part une dizaine de jours pendant l’hiver, on roule sur l’asphalte. Et le froid n’est pas incommodant ; c’est comme en ski de fond, on bouge constamment. La clé, ce sont les infrastructures, ce sont elles qui rendent la pratique du vélo d’hiver accessible. À Montréal, la Ville devrait centraliser le déneigement et les équipements sur le Réseau express vélo. Je crois qu’il y aurait des gains sur le plan de la qualité.

Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec

70 %

Proportion de cyclistes hivernaux qui disent ne pas être incommodés par des températures allant jusqu’à -20 °C.

Source : Le Climatoscope (Gervais, Lapointe, Kingsbury, Bernard)

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Laurent McComber

Il y a 20 ans, à mon premier travail sérieux dans une firme d’architectes, je me faisais regarder de travers. Un des associés de la firme m’a dit : « Quoi, tu fais du vélo l’hiver ? », comme si j’étais un moins que rien. Je me suis même demandé si ça allait nuire à ma carrière… Aujourd’hui, tu es plus vu comme un héros, même si les gens trouvent souvent ça dangereux. Je vais rencontrer des clients et visiter des chantiers à vélo. Ça provoque toujours des réactions, mais j’ai appris à en rire !

Laurent McComber, architecte qui fait du vélo toute l’année à Montréal depuis environ 25 ans

Les routes des villes sont vraiment conçues autour des voitures. L’espace public qui leur est consacré est immense, beaucoup plus que celui réservé aux vélos et aux piétons. Quand la structure va changer, les comportements vont suivre.

Josyanne Lapointe, étudiante à la maîtrise au département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Montréal

La Finlande à vélo

IMAGE TIRÉE DE TWITTER

Des vélos dans une cour d’école en Finlande

En Finlande, les élèves sont nombreux à utiliser leur vélo pour se rendre à l’école, comme en témoigne cette image prise devant une école de la municipalité d’Oulu, par -15 °C… Ils utilisent le réseau de pistes cyclables de la municipalité.

Vous pratiquez le vélo d’hiver au Québec ? Répondez à un questionnaire élaboré dans le cadre d’un projet de recherche à l’UQAM.