(Québec) Les organisateurs du « convoi de la liberté » vers Québec ont réagi aux annonces du gouvernement Legault en réitérant leurs appels à envahir la capitale en fin de semaine. Certains organisateurs promettent même 250 $ en bons d’essence aux camionneurs qui iront bloquer la capitale.

Mis à jour le 15 février
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« Ça va avoir lieu en fin de semaine. Les 19 et 20 à Québec le convoi de la liberté va remonter en grande », a prévenu l’organisateur du convoi beauceron, Keven Bilodeau.

Les annonces du gouvernement de François Legault n’ont pas refroidi les ardeurs des organisateurs. M. Bilodeau a demandé dans une vidéo rien de moins que la destitution du premier ministre québécois. D’autres exigent la garantie que le passeport vaccinal ne reviendra jamais.

Pour attirer des participants, des organisateurs beaucerons promettent sur Facebook de donner des bons d’essence d’une valeur de 250 $ aux camionneurs qui se rendront à Québec.

« Il n’y a rien de réglé, ils ont dit qu’ils gardaient [le passeport sanitaire] dans leur sac à outils », a déploré Marcus Beaulieu dans une vidéo diffusée sur un groupe Facebook du convoi.

Le masque des enfants dans les écoles, on n’en veut plus. C’est pour ça qu’on continue nos manifestations.

Marcus Beaulieu

La figure la plus connue parmi les organisateurs, Bernard Gauthier, a aussi confirmé sa présence. Il a toutefois révélé mardi avoir souffert d’une « grosse grippe d’homme ». « Ça devait être une grippe-19 », a expliqué l’homme qui se fait appeler « Rambo » dans une vidéo mise en ligne.

Le rassemblement de la fin de semaine prochaine sera le deuxième « convoi de la liberté » à Québec. Les organisateurs avaient promis de « jammer » Québec lors de la fin de semaine du 5 février.

Davantage d’outils aux policiers

Soucieux de ne pas se trouver avec une situation semblable à celle d’Ottawa, où le siège s’éternise, la police de Québec n’avait permis à aucun camion de bloquer la rue au-delà du dimanche.

Une camionnette avait même été remorquée, et son conducteur, arrêté. Le Service de police de la Ville de Québec avait dressé un bilan globalement positif.

Cette fois-ci, le maire de Québec a fait savoir qu’il entendait modifier deux règlements municipaux pour donner davantage d’outils aux policiers. Bruno Marchand donnera plus d’informations mercredi.

« Le but n’est pas de durcir le ton face aux manifestants », a assuré le maire de Québec.

PHOTO ÉRICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Bruno Marchand

Le but, c’est par rapport à certains manifestants, petits en nombre, qui viennent avec un dessein machiavélique. La réponse, c’est : ce n’est pas possible. On va donner les leviers qu’il manque à notre service de police.

Bruno Marchand, maire de Québec

La décision du maire a indisposé Keven Bilodeau. Dans une vidéo filmée dans son centre d’entraînement, le producteur d’œufs s’est attaqué à la carrure du maire de Québec, au sens propre.

« M. Marchand, le maire de Québec, qui a la shape d’une fourchette à fondue, il n’est pas d’accord avec ça. Il est prêt à changer les règlements pour donner plus de pouvoirs aux policiers », a lancé Keven Bilodeau.

« Il nous menace. Il ne veut pas qu’on soit là. »

Bruno Marchand a rétorqué qu’« on apprend aux jeunes du primaire à défendre leurs points de vue dans le respect. Je pense qu’on peut faire mieux que ça ». « Mais une fourchette à fondue, ça a des dents, c’est acéré. Pour défendre ma ville, je ne me gênerai jamais », a-t-il ajouté.