À la suite de la mort d’un travailleur agricole foudroyé en août dernier à Oka, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) recommande aux propriétaires de fermes de mieux informer les employés des dangers de la foudre et de ce qu’il faut faire en cas d’orage.

Publié le 10 février
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

10 août 2021. Vers 19 h 30, Oscar Antonio Vicente-Torres, travailleur étranger temporaire, effectuait une tâche dans un champ de choux-fleurs de N. et L. St-Denis S.E.N.C. Le ciel s’est alors couvert et les employés ont entendu le tonnerre et aperçu un éclair à proximité. Ils ont toutefois poursuivi leur travail. Quelques minutes plus tard, M. Vicente-Torres a été frappé par la foudre. Les premiers répondants sont arrivés sur les lieux pour le transporter à l’hôpital, où sa mort a ensuite été constatée.

Les travailleurs n’ont jamais reçu la directive d’évacuer le champ et de se mettre à l’abri, peut-on lire dans la conclusion de l’enquête de la CNESST dévoilée jeudi. De plus, ils n’ont pas été informés des dangers de la foudre, précise le document. « En l’absence de procédure associée au danger que représente la foudre, les travailleurs ont poursuivi leur travail dans le champ lors du passage de l’orage », a écrit la Commission.

Afin d’éviter un tel accident, il est nécessaire de surveiller les conditions météorologiques et de repérer les signes annonçant qu’un orage se prépare, peut-on lire dans le rapport. Ensuite, les employés doivent « se réfugier dans un abri sécuritaire dès [qu’ils perçoivent] la foudre et y rester 30 minutes après sa dernière manifestation », recommande la CNESST. Cette dernière va d’ailleurs élaborer un outil destiné à informer les milieux de travail quant aux risques liés à la foudre. Les mesures de prévention à mettre en place afin de protéger les employés travaillant à l’extérieur s’y trouveront également.

Après l’accident survenu en août dernier, l’employeur s’est toutefois conformé aux exigences de la CNESST en établissant un plan d’évacuation et en formant les travailleurs aux risques liés aux orages.

Au moment d’écrire ces lignes, N. et L. St-Denis S.E.N.C. n’avait pas répondu à notre demande d’entrevue.

« Un décès de trop »

« Un décès, c’est un décès de trop », souligne Denis Roy, directeur des finances et main-d’œuvre agricole à l’Union des producteurs agricoles (UPA). En matière de santé et sécurité au travail, les employeurs doivent faire des rappels quotidiens aux travailleurs, estime-t-il.

« Dans le cas d’un orage, il faut dire aux employés que s’ils voient ou entendent la foudre, ils doivent aller se réfugier dans des véhicules », explique M. Roy, au sujet des procédures d’évacuation des champs.

Avec les changements climatiques, les agriculteurs seront davantage confrontés à des orages, craint Denis Roy. « On va devoir être encore plus vigilant », estime-t-il.

L’évènement survenu en août dernier n’est pas le premier du genre au Québec. En 2012, un travailleur agricole avait été foudroyé à Saint-Rémi. Au terme de l’enquête, le coroner Yves Lambert avait recommandé que les propriétaires de fermes informent mieux les employés des risques de la foudre.