Un policier montréalais se retrouve dans le collimateur pour avoir participé à un évènement contre les mesures sanitaires en compagnie de collègues de la Sûreté du Québec.

Publié le 19 janvier
Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

L’agent Antonino Petrotta a été identifié sur des images du lancement de « Policiers pour la liberté Québec », un groupe qui décrit la crise de la COVID-19 comme « une attaque visant l’esprit » et une « opération militaire psychologique ».

L’évènement a eu lieu le 4 décembre dernier. Il y a quelques jours, le visage du policier a été identifié sur une vidéo du groupe par des collègues.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en a été informé.

« Nous pouvons confirmer qu’un agent du SPVM a récemment fait l’objet d’un déplacement administratif », a indiqué le corps policier. Comme les dossiers des employés sont confidentiels, « nous ne pouvons donc pas confirmer si une enquête interne aura lieu », a ajouté l’organisation.

M. Petrotta n’a pas répondu au courriel de La Presse.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM), qui représente M. Petrotta, a pris ses distances.

« Il va sans dire qu’il n’est absolument pas représentatif des policiers et policières de Montréal, qui sont très clairement et très fortement en faveur de la vaccination », a indiqué le syndicat.

Travail auprès d’individus vulnérables

M. Petrotta travaillait jusqu’à récemment au sein de l’Équipe de soutien aux urgences psychosociales (ESUP), une patrouille qui rassemble policiers et intervenants sociaux.

Sur la vidéo de « Policiers pour la liberté Québec », le policier apparaît avec une chaîne au cou, flanqué de policiers en cagoule noire. Il arbore l’image d’un écusson de police où les mots « Police for Freedom » sont inscrits.

L’évènement mettait en vedette des membres des services d’urgence, du personnel médical et des enseignants qui dénoncent la façon dont les autorités gèrent la crise sanitaire.

« La division et la haine diffusées par les médias et les gouvernements sont immorales et illégales », a fait valoir la porte-parole de l’organisation, une étudiante en techniques policières qui a quitté son programme pour éviter d’avoir à appliquer les lois québécoises. « Les passeports vaccinaux constituent des attaques directes contre nos droits humains. »

Trois policiers de la SQ

La semaine dernière, TVA avait révélé que trois policiers de la Sûreté du Québec (SQ) avaient été affectés à des tâches administratives après avoir participé au même évènement. Ils font maintenant l’objet d’une enquête interne.

Marie-Claude Nadeau, Ion Patras et Stéphane Lamarre avaient eux aussi le visage découvert.

Les deux premiers ont pris la parole au cours du lancement de l’organisation.

« J’étais persuadée que jamais, jamais nous n’en arriverions là », a dit Mme Nadeau, sur scène, aux côtés d’une dizaine d’autres intervenants non masqués. La policière a affirmé qu’elle avait de la difficulté à faire appliquer l’obligation de présenter son passeport vaccinal pour accéder à certains lieux : « Je ne peux pas faire ça en restant intègre à mes valeurs et à la justice que je suis censée servir. »

« Comme policier chargé de l’application des lois, je me questionne lors de mon travail sur l’application de mandats qui vont à l’encontre du meilleur intérêt des personnes que je suis censé protéger, a dénoncé M. Patras dans une allocution. Cela m’amène à me questionner sur la validité de ces mandats. Je considère que nous, les policiers, ne pouvons pas participer aveuglément à l’exécution de mandats qui violent les lois de nos pays. »

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Geneviève Guilbault, vice-première ministre du Québec

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, a affirmé à TVA qu’elle était « très préoccupée » par la situation.

« Que des policiers soient personnellement en désaccord avec des mesures, c’est une chose, a-t-elle dit. Qu’ils manifestent publiquement en disant qu’ils n’appliqueront pas les lois, c’est inacceptable. »

Avec la collaboration de Daniel Renaud, La Presse