(Québec) Le gouvernement Legault lance une « offensive majeure » pour recruter 18 000 éducatrices dans les services de garde éducatifs à l’enfance et respecter sa promesse d’ajouter 37 000 nouvelles places subventionnées dans le réseau d’ici au 31 mars 2025.

Mis à jour le 17 janvier
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, convient que les éducatrices sont « épuisées [et] fatiguées » après deux ans de pandémie et qu’elles ont besoin plus que tout de renfort. « Les gens ont compris que vous n’êtes pas des personnes qui sont là, bien relaxes, à boire votre café en surveillant des enfants qui jouent », a-t-il dit lundi dans un point de presse commun avec le ministre du Travail, Jean Boulet.

À compter de septembre 2022, les élèves inscrits au cégep en techniques d’éducation à l’enfance seront admissibles aux bourses Perspective Québec. Ceux qui obtiendront un certain nombre de crédits en ayant suivi leurs cours à temps plein pourront ainsi recevoir jusqu’à 9000 $ en bourses pour l’ensemble de leurs études.

Les services de garde éducatifs à l’enfance obtiendront aussi dès le printemps un soutien financier afin de libérer leur personnel déjà présent qui souhaite faire reconnaître ses acquis et ses compétences pour avoir une attestation d’études collégiales (AEC).

« La subvention versée à l’employeur permettra à son personnel éducateur d’être libéré pour compléter un dossier de candidature, de se préparer aux évaluations et de suivre les formations manquantes, le cas échéant, tout en maintenant le lien d’emploi avec l’employeur », a expliqué Québec.

Avec cette mesure, le gouvernement espère qualifier 7000 éducatrices déjà en poste dans le réseau, ce qui s’ajoute à l’objectif de former et recruter 18 000 nouvelles éducatrices d’ici 2026.

Appel aux retraitées

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a également fait appel lundi aux retraitées du réseau des garderies afin qu’elles reviennent travailler en cette période de pénurie de main-d’œuvre. Pour les convaincre de reprendre du service, le gouvernement leur accorde une prime de 6,6 % qui sera en vigueur jusqu’en mars 2023.

« [Pour les attirer], il faut être attractif. Je pense que les éducatrices qui sont actuellement en poste vont bénéficier grandement [de leur retour] », a justifié le ministre.

La présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), Valérie Grenon, estime qu’il est « irréaliste » d’attirer un nombre important de retraitées dans le réseau, d’autant que la cinquième vague d’infections de COVID-19 frappe les services de garde éducatifs à l’enfance.

Par contre, « on est contents que le ministre vise la qualification et l’importance des professionnelles en petite enfance [et] on souhaite que ça fonctionne et on veut mettre la main à la pâte », a affirmé Mme Grenon. En décembre dernier, le gouvernement a conclu une entente de principe avec le secteur de la petite enfance prévoyant un rattrapage salarial de 18 % pour les éducatrices.

Nouvelles formations

Québec déploie également de nouvelles formations pour attirer des travailleurs dans le réseau de la petite enfance. L’une d’elles, d’une durée de 90 heures, servira à occuper des emplois de personnel éducateur non qualifié.

« Les personnes qui suivent cette formation pourraient être admissibles, selon certaines conditions, à la bonification temporaire du soutien du revenu pour la formation, sous la forme d’une allocation de 475 $ par semaine. Cette formation pourra s’inscrire dans un cheminement plus long menant à la qualification et sera offerte dans l’ensemble du réseau collégial », a expliqué Québec lundi.

Une formation d’appoint sera aussi offerte dès septembre prochain aux personnes qui souhaitent se réorienter pour travailler en petite enfance et qui détiennent déjà un diplôme pertinent pour le faire.

Les annonces faites lundi par Québec complètent le plan pour les garderies annoncé l’automne dernier. Le gouvernement Legault avait alors promis de créer 37 000 nouvelles places subventionnées d’ici 2025 afin de compléter le réseau.

Selon Geneviève Bélisle, directrice générale de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, le plan annoncé lundi est important, mais il faudra surtout l’expliquer aux employeurs et aux travailleurs, « car ces programmes-là sont denses, complexes et il y en a beaucoup ».