Pyramide d’âge, diplômes, revenu disponible : lesquelles des 17 régions administratives du Québec se distinguent ? Lesquelles sont en perte de vitesse ? L’Institut de la statistique du Québec vient de brosser un portrait socioéconomique de la province dans son édition 2021 du Panorama des régions du Québec.

Publié le 30 nov. 2021
Louise Leduc
Louise Leduc La Presse

Un choc pour Montréal

GRAPHIQUE FOURNIE PAR L’INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC

Montréal est passé de la région où le taux d’accroissement démographique était l’un des plus élevés au Québec en 2018-2019 (18 pour 1000) à l’un des plus faibles en 2019-2020 (2,3 pour 1000). Cela s’explique en partie par la diminution du nombre d’immigrants et de résidents non permanents qu’a occasionnée la fermeture des frontières internationales en mars 2020. Les Montréalais ont aussi été plus durement touchés par la pandémie. Mais au-delà de cela, la métropole a aussi perdu plus d’habitants au profit d’autres régions qu’au cours des années précédentes, relève l’Institut de la statistique du Québec. Quoique dans une moindre mesure, quatre autres régions ont vu leur croissance ralentir, soit la Capitale-Nationale, l’Outaouais, Laval et la Montérégie. À l’inverse, écrit Anne Binette Charbonneau, de la Direction des statistiques sociodémographiques, « les Laurentides et Lanaudière, qui affichaient déjà des taux d’accroissement élevés », ont vu leur croissance connaître « un essor notable ». La Côte-Nord est la seule région où la population s’est réduite entre 2019 et 2020, bien que le déclin y soit moindre que dans les années précédentes.

Population du Québec : 8 575 000 personnes

L’accroissement de la population québécoise est de près de 73 000 personnes dans son ensemble entre le 1er juillet 2019 et le 1er juillet 2020. C’est là un taux d’accroissement de 8,5 pour 1000 (comparativement à 12 pour 1000 lors des deux précédents bilans annuels).

La Gaspésie prend de l’âge

GRAPHIQUE FOURNIE PAR L’INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC

La Gaspésie est la région présentant la plus grande proportion de personnes de 65 ans et plus, soit 28,6 %. « C’est aussi l’une des proportions les plus élevées au Canada », peut-on lire. C’est aussi dans cette région qu’il y a la plus petite proportion de jeunes de 0 à 19 ans (16 %), l’âge moyen de la population y étant de 48,8 ans, une hausse de près de 8 ans depuis 2001. « Le Bas-Saint-Laurent et la Mauricie figurent également parmi les régions où la population est la plus âgée », peut-on lire. Sans surprise, c’est le Nord-du-Québec qui présente la population la plus jeune. Plus d’une personne sur trois (34 %) y a moins de 20 ans et seuls 8,8 % de la population a 65 ans et plus. Cette région enregistre « une fécondité plus élevée que dans l’ensemble de la province et une espérance de vie plus faible ». « Néanmoins, comme dans les autres régions, la population du Nord-du-Québec vieillit, relève Anne Binette Charbonneau. L’âge moyen a connu une augmentation de près de 4 ans depuis 2001 pour atteindre 33 ans en 2020. » Dans l’ensemble du Québec, 20,8 % de la population a moins de 20 ans et 19,7 % a 65 ans et plus. Enfin, chez les 65 ans et plus, l’Institut de la statistique estime qu’il y a 130 femmes pour 100 hommes à Montréal. À l’inverse, il y a 97 femmes pour 100 hommes dans le Nord-du-Québec.

Âge moyen au Québec

42,6 ans (une hausse de 4 ans depuis 2001)

Des immigrants nettement plus scolarisés

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

C’est à Montréal que l’on observe la plus forte proportion de diplômés universitaires (53 %) dans la catégorie des personnes immigrantes de 25 à 64 ans vivant au Québec.

Selon les dernières données disponibles, 44 % des personnes immigrantes de 25 à 64 ans vivant au Québec ont un certificat, un diplôme ou tout grade universitaire, comparativement à 26 % des personnes non immigrantes, relève Virginie Nanhou, de la direction principale des statistiques sociales et de santé. C’est à Montréal que l’on observe la plus forte proportion de diplômés universitaires (53 %) dans cette même catégorie d’âge. Au contraire, c’est dans la région Gaspésie–Îles de la Madeleine, en Abitibi-Témiscamingue et dans la région Côte-Nord et Nord-du-Québec que la proportion d’universitaires est la plus faible. Dans l’ensemble du Québec, 1 personne sur 10 n’a aucun diplôme, quel qu’il soit. Au Québec, les hommes sont proportionnellement plus nombreux que les femmes parmi la population non diplômée de 25 à 64 ans (13 % comparativement à 8 %) en 2020, un écart particulièrement significatif étant noté à cet égard dans le Bas-Saint-Laurent (20 % comparativement à 9 %). Les femmes sont aussi plus nombreuses que les hommes à pousser leurs études au-delà du baccalauréat (12 % comparativement à 10 %).

35 %

Proportion des Québécois âgés de 25 à 64 ans détenant un certificat, un diplôme ou un grade universitaire

Le plus haut revenu disponible dans la Capitale-Nationale

GRAPHIQUE FOURNIE PAR L’INSTITUT DE LA STATISTIQUE DU QUÉBEC

C’est dans la région de la Capitale-Nationale (32 284 $), suivie de la Montérégie (31 824 $) et de l’Abitibi-Témiscamingue (31 501 $), que le revenu disponible par habitant (l’argent dont dispose un ménage pour dépenser ou épargner) est le plus élevé. « Les niveaux de revenus élevés dans la Capitale-Nationale et en Montérégie sont attribuables à un taux d’emploi et à une rémunération des salariés parmi les plus élevés du Québec, écrit Stéphane Ladouceur, de la direction des statistiques sectorielles et du développement durable. Quant à l’Abitibi-Témiscamingue, le poids du secteur minier dans son économie et les salaires élevés versés par cette industrie contribuent certainement à élever le revenu disponible par habitant de la région. En 2019, le salaire annuel moyen d’un employé minier en Abitibi-Témiscamingue s’élevait à plus de 121 600 $. »

Hausse généralisée du revenu disponible

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

En 2019, le salaire annuel moyen d’un employé minier en Abitibi-Témiscamingue s’élevait à plus de 121 600 $.

De façon générale, le Québec affiche « une forte croissance du revenu disponible en 2019. Après avoir crû de 2 % en 2018, le revenu disponible par habitant dans l’ensemble du Québec a progressé en dollars courants de façon plus marquée en 2019, soit de 3,9 % [la deuxième augmentation parmi les plus fortes des 10 provinces canadiennes). Cela est attribuable, selon l’Institut de la statistique du Québec, à une hausse du revenu primaire conjuguée à une augmentation plus lente de l’impôt sur le revenu payé par les particuliers. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean se démarque ici en présentant la plus forte augmentation du revenu disponible par habitant (+ 5,2 %). « C’est la troisième fois en quatre ans que le revenu disponible par habitant du Saguenay–Lac-Saint-Jean croît plus fortement que celui de la province », fait observer M. Ladouceur. À ce chapitre, la Mauricie (27 656 $) et le Nord-du-Québec (28 021 $) arrivent au bas du tableau. Notons cependant qu’à l’intérieur d’une même région, il peut y avoir de très grandes disparités. Ainsi, Caniapiscau, une MRC de la Côte-Nord donnant dans l’exploitation minière, présente le revenu disponible le plus élevé par habitant au Québec (43 044 $), alors que la MRC Haute-Côte-Nord présente un revenu disponible de 28 343 $.