Certains en profiteront pour dormir, et d’autres, pour faire la fête : au courant de la nuit de samedi à dimanche, l’horloge reculera d’une heure. Un processus qui a un impact sur la santé physique et mentale de plusieurs Canadiens.

Publié le 5 nov. 2021
Coralie Laplante
Coralie Laplante La Presse

À 2 h au Québec dimanche matin, il sera en fait 1 h. Les Canadiens devront composer avec l’heure d’hiver, ou l’heure normale, jusqu’au mois de mars. La Saskatchewan est la seule province qui conserve la même heure toute l’année.

D’où vient cette idée de changer l’heure ? L’heure avancée (l’heure d’été) a d’abord été appliquée au courant de la Première Guerre mondiale, pour accroître la productivité des citoyens pendant les mois où il y a le plus d’ensoleillement. Les Canadiens pouvaient ainsi bénéficier d’une heure de plus après le souper, rapporte l’Encyclopédie canadienne.

L’horloge circadienne, ou l’horloge biologique, du corps humain doit s’adapter au changement d’heure de la même façon qu’à un décalage horaire lors d’un voyage, explique Nadia Gosselin, directrice scientifique au Centre d’études avancées en médecine du sommeil à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Le changement d’heure en automne a peu d’impact sur la qualité du sommeil, estime la spécialiste. « Dans une société qui manque de sommeil, le fait d’avoir une heure de plus pour dormir, c’est quelque chose que l’on peut voir comme étant positif », dit-elle.

Toutefois, si les lève-tôt pourront profiter de plus de lumière, les personnes qui vont généralement à l’extérieur à partir de 16 h ne pourront pas bénéficier du soleil. Cette situation peut avoir des impacts sur la qualité de leur sommeil, mais aussi sur leur santé mentale.

« On peut avoir une humeur plus dépressive, et les personnes qui sont très sensibles au niveau de leur humeur peuvent même avoir une dépression […] saisonnière », déclare Nadia Gosselin.

Il faut cependant être prudent en établissant une relation de cause à effet entre un problème de santé mentale et le changement d’heure, selon Guido Simonelli, chercheur au Centre d’études avancées en médecine du sommeil.

« Ce que cela signifie probablement, c’est que le changement d’heure a accéléré [la recherche d’aide] des personnes », estime-t-il.

Pour atténuer les effets négatifs du changement d’heure, Nadia Gosselin recommande d’aller à l’extérieur pendant une période de 15 à 20 minutes lors de sa pause du dîner. Ce geste simple peut avoir un effet positif sur le niveau d’énergie, de vigilance et de somnolence d’une personne.

Devrait-on éliminer le changement d’heure ?

Plusieurs personnes s’opposent au changement d’heure. En juin dernier, la Société canadienne du sommeil a recommandé d’abandonner l’heure avancée, de façon à ce que l’heure normale soit en place toute l’année.

L’organisme estime que l’heure normale est bénéfique pour l’horloge circadienne, et qu’elle permet d’avoir un « sommeil optimal », peut-on lire sur le site web de la Société.

L’Alberta a d’ailleurs mené un référendum au mois d’octobre concernant l’abolition du changement d’heure. Les résultats se sont avérés très serrés : 50,2 % des électeurs ont voté contre le changement d’heure, et 49,8 % en faveur, a rapporté Radio-Canada.

Un rappel de vérifier les avertisseurs de fumée, et plus de profits pour les bars

Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) profite du changement d’heure pour rappeler à la population de vérifier le bon fonctionnement des avertisseurs de fumée dans leur résidence.

La règlementation de la Ville de Montréal requiert qu’un avertisseur de fumée fonctionnel soit présent sur chaque étage d’un logement.

Pendant ce temps, la Régie des alcools, des courses et des jeux évoque que les tenanciers de bar auront une heure de plus pour servir des boissons alcoolisées cette fin de semaine.