(Vancouver) Une juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique n’autorisera pas l’admission de nouvelles preuves dans l’affaire de l’extradition aux États-Unis de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou.

Nick Wells La Presse Canadienne

La juge en chef adjointe Heather Holmes a déclaré que la demande des avocats de Mme Meng d’utiliser les documents obtenus de HSBC par l’intermédiaire d’un tribunal de Hong Kong était rejetée, les motifs de la décision devant être précisés plus tard.

Les avocats de Mme Meng ont déclaré à la juge en juin que les documents comprenaient des échanges de courriels internes et des feuilles de calcul qui minent les allégations de fraude contre la directrice financière, prouvant que les États-Unis ont induit le tribunal en erreur dans leur résumé de l’affaire contre elle.

Les avocats Mark Sandler et Scott Fenton faisaient valoir que le dossier préparé contre leur cliente par les procureurs américains, et relayé aux responsables canadiens pour justifier son arrestation, n’était pas une description exacte de ce que savait la Banque HSBC sur la participation de Huawei dans la société Skycom.

Les avocats du procureur général du Canada avaient demandé au tribunal de rejeter la demande de Mme Meng d’autoriser les nouveaux éléments de preuve lors de l’audience d’extradition, affirmant que l’argument était plus approprié pour son procès pour fraude prévu aux États-Unis, et non pour son audience d’extradition au Canada.

Mme Meng est accusée d’avoir menti à HSBC sur le contrôle de Huawei sur Skycom, mettant la banque en danger de violer les sanctions américaines contre l’Iran.

La directrice financière et l’entreprise Huawei nient les allégations dans cette affaire.

Huawei Canada a indiqué vendredi par communiqué « respecter la décision de la Cour, mais en regretter le dénouement ».

« Les audiences se poursuivent et nous persistons dans notre appui à la poursuite de justice et de liberté qu’entretient Mme Meng », peut-on lire dans la déclaration aux médias.

La décision de la juge est la plus récente concernant une série de demandes et d’arguments présentés par ses avocats pour empêcher l’extradition de Mme Meng.

L’audience d’extradition initiale était prévue pour avril dernier, mais la juge a accordé à ses avocats plus de temps pour examiner les documents du tribunal de Hong Kong. Le dossier d’extradition doit maintenant être entendu le 3 août.

L’arrestation de Mme Meng à l’aéroport de Vancouver en décembre 2018 à la demande des États-Unis a créé des frictions dans les relations entre le Canada et la Chine. Les arrestations et détentions des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig peu après l’interpellation de Mme Meng sont largement considérées comme des représailles par le gouvernement chinois.

Mme Meng reste en liberté sous caution, résidant dans l’une de ses deux maisons de plusieurs millions de dollars à Vancouver avec son mari et ses enfants.