(Montréal) Les directeurs de police du Québec croient que le regroupement de services policiers tel que prôné par le Comité consultatif sur la réalité policière est une idée cohérente pour mieux répondre à diverses réalités des services de police.

Publié le 27 mai 2021
Jean-Philippe Denoncourt La Presse Canadienne

Toutefois, l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) avertit dans un communiqué que la capacité de travail dans une offre de service de police de proximité, au profit des citoyens, doit être bien évaluée.

Elle croit aussi que l’étude des différents modèles proposés doit être faite en consultant les directeurs de police en fonction des enjeux locaux.

Parmi les 138 mesures proposées mardi dans le rapporte que le Comité a déposé, figure celle de réduire le nombre de corps de police au Québec de 31 à 13.

Le lendemain, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a relégué à plus tard cet élément de la réforme du système policier.

L’Association des directeurs de police du Québec affirme qu’elle doit être une partie prenante importante de cette possible définition d’une nouvelle carte des services policiers.

D’autre part, l’ADPQ appuie la mise en place d’une unité provinciale mixte publique-privée pour mieux lutter contre la cybercriminalité. Toutefois, elle n’est pas aussi enthousiaste à propos de l’intégration de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans une telle unité mixte.

L’Association signale que la Loi concernant la lutte contre la corruption pour renforcer les actions de prévention et de lutte contre la corruption dans le secteur public est un gage d’éthique et d’intégrité pour nombre de municipalités. Elle croit que diluer les ressources de l’UPAC pourrait créer un relâchement défavorable, la lutte contre la corruption et la collusion devant demeurer une priorité.

La ministre Guilbault ne s’est pas affichée en faveur d’une telle intégration de l’UPAC.

Le rapport du Comité coordonné par l’ancien maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, suggère aussi une révision de la formation des dirigeants et des enquêteurs et une révision du profil des candidats admis dans les programmes collégiaux de techniques policières.

Et pour renforcer la confiance du public envers la police, il est notamment proposé par le Comité d’accorder une plus grande place aux citoyens dans la gouvernance des services policiers, de redéfinir les pratiques de communication et d’améliorer la transparence, l’imputabilité et la reddition de comptes.

L’ADPQ estime que la confiance des citoyens prend également forme dans l’indépendance des directeurs des services de police. À son avis, un processus provincial reconnu et homogène pour la nomination des directeurs est un premier gage de transparence envers les citoyens.

L’Association des directeurs de police croit tout de même que le travail rigoureux effectué par le comité consultatif est un grand pas dans la bonne direction.