(Québec) Quelque 35 000 employés de soutien scolaire font la grève mercredi et jeudi, forçant la fermeture de nombreuses écoles, même si leur syndicat reconnaît des « avancées significatives » dans les négociations et que le gouvernement Legault dit même avoir conclu une entente de principe avec lui sur les conditions de travail.

Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

Une source gouvernementale proche des négociations, qui n’avait pas l’autorisation de parler publiquement du dossier, soutient qu’un accord de principe sur les conditions de travail a été conclu le 18 mai avec le syndicat. Et par conséquent, il n’y a plus de pourparlers prévus à la table sectorielle, où l’on traite des conditions de travail.

Les 35 000 travailleurs concernés sont membres d’un syndicat affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). La présidente de cette fédération, Nathalie Arguin, reconnaît des « avancées significatives » au sujet des conditions de travail, mais elle ajoute qu’il y aura entente, à ses yeux, seulement lorsque l’enjeu salarial sera réglé. Or, cet enjeu est traité à la table centrale, entre le gouvernement et les centrales syndicales comme la CSN.

Contrairement à d’autres syndicats qui ont annoncé des ententes de principe sur les conditions de travail – celui des enseignants de la CSQ et la FIQ, par exemple –, la FEESP-CSN souhaite soumettre à ses membres uniquement une « entente globale », a ajouté Mme Arguin. Elle a insisté : « Si le salarial n’est pas au rendez-vous, il n’y a plus rien qui tient. C’est tout interrelié. »

Offre « insuffisante »

Lors de l’annonce de la grève, le 13 mai, le syndicat justifiait son moyen de pression en disant que « les comités patronaux de négociation souhaitent […] imposer des reculs dans les conditions de travail du personnel de soutien, notamment en augmentant la précarité du personnel et en réduisant les droits des travailleuses et travailleurs ». Au dernier paragraphe, le communiqué soulignait que l’offre salariale était « insuffisante pour réussir à freiner l’exode du personnel ».

À compter de mercredi midi jusqu’à la même heure le lendemain, les 35 000 membres de ce syndicat vont débrayer. Il s’agit notamment d’éducatrices en services de garde, de concierges, de secrétaires d’école, de techniciennes en éducation spécialisée et de préposés aux élèves handicapés. Ces travailleurs sont répartis dans 31 centres de services scolaires francophones et 2 commissions scolaires anglophones.

Plusieurs centres de services scolaires, dont celui de Montréal, ont annoncé la fermeture de leurs écoles pour deux jours en raison de cette grève.

Avec la collaboration de Marie-Eve Morasse, La Presse