Un individu a proféré des menaces à l’endroit de Marie Wasianna Echaquan Dubé, vendredi dernier, lors d’une sortie à Trois-Rivières, a révélé samedi le Conseil de la Nation Atikamekw, en appelant la population « au calme et à la sérénité », dans la foulée des audiences publiques sur le décès de Joyce Echaquan.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Léa Carrier
Léa Carrier La Presse

« Des menaces ont été proférées par un individu à l’endroit de l’aînée de la famille Echaquan Dubé lors d’une sortie à Trois-Rivières ce vendredi. Devant cet évènement inacceptable, la famille serre les rangs et continue d’avancer la tête haute », a indiqué l’organisme dans un bref communiqué diffusé samedi.

Parlant d’un « incident malheureux », la famille a aussi réitéré « qu’aucune forme de haine ne sera tolérée et que tout débordement sera dénoncé ». À la suite de l’évènement, la Direction de la police de Trois-Rivières a confirmé le dépôt d’une plainte de harcèlement. Les détails n’ont pas été précisés afin de ne pas nuire à l’enquête policière en cours.

En entrevue avec La Presse, l’avocat de la famille, MPatrick Martin-Ménard, a souligné le courage de Marie Wasianna Echaquan Dubé dans cette affaire. « Marie est une femme qui fait preuve de beaucoup de courage dans l’ensemble du processus judiciaire, et ce, depuis le début. C’est avec ce même courage qu’elle fait face à cette situation malheureuse et elle a la ferme intention de continuer dans ce processus », a-t-il indiqué, ajoutant que cet incident renforce non seulement « l’importance de cette enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, mais aussi sur le racisme systémique ».

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

La coroner Géhane Kamel préside l’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan.

Au moment des faits, les policiers de Trois-Rivières qui ont été appelés à intervenir auprès de la famille « se sont empressés de rassurer » celle-ci, affirme le Conseil, comme quoi « les propos haineux tenus ne reflètent aucunement le sentiment des citoyens de la ville de Trois-Rivières ».

La famille dit d’ailleurs se sentir « respectée par les gens de la ville depuis le début des procédures », et réitère sa confiance « que tout sera fait par les policiers de Trois-Rivières afin d’identifier l’individu en cause ».

Il est inacceptable que des propos violents et discriminatoires ou encore des comportements haineux viennent dévier les objectifs de vérité et de réconciliation au cœur des procédures.

Extrait de la déclaration du Conseil de la Nation Atikamekw

Nouvel appel au calme

Pour la suite, les proches de Joyce Echaquan continuent « d’appeler au calme et à la sérénité afin que la vérité puisse prendre sa place au grand jour ». « Ils sont bien entourés et continueront de l’être tout au long des procédures », assure-t-on.

Cela dit, à l’inverse des autres témoins entendus lors des audiences la semaine dernière, la famille Echaquan Dubé « n’a reçu aucune protection spéciale des forces de l’ordre lors de sa présence quotidienne au palais de justice de Trois-Rivières », fait remarquer le Conseil.

MPatrick Martin-Ménard a confirmé à La Presse que la famille Echaquan Dubé ferait la demande d’une sécurité accrue à la reprise des audiences, mardi prochain.

Une mise au point mardi

Rappelons que Me Géhane Kamel, la coroner qui mène les audiences publiques sur la mort de Joyce Echaquan, fera mardi « une mise au point » quant à ses propos, qui ont fait sourciller cette semaine. MPascale Descary, coroner en chef du Québec, a dit vendredi prendre « acte des récentes réactions, qu’elles soient médiatiques ou citoyennes, au sujet de certains propos prononcés lors des audiences » de cette semaine par MKamel.

À la préposée aux bénéficiaires congédiée, MKamel avait lancé que ses explications n’étaient « pas crédibles ». Après que la préposée eut expliqué qu’elle avait évoqué les enfants de Joyce Echaquan pour la pousser à se ressaisir, MKamel a demandé qu’on fasse jouer la vidéo. « Ça, vous pensez que c’est dit plein d’amour ? C’est plein de jugement ! »

Ce qu’on perçoit dans le ton de la préposée, ce n’est pas « ressaisis-toi », mais bien « t’as l’air d’une grosse vidange en train de se désorganiser », a poursuivi la coroner. « C’est tout sauf de la bienveillance, a-t-elle ajouté. N’essayez pas de me convaincre, je ne vous crois pas ! » En fin de compte, ce manque de réserve a valu des critiques à MKamel.

De son côté, la famille de Joyce Echaquan réitère sa pleine confiance envers la coroner, a fait savoir MPatrick Martin-Ménard. « [La famille] est très satisfaite de la façon dont l’enquête se déroule, de sa légitimité et de la très grande qualité du travail de la coroner. »

Avec La Presse Canadienne