L’archevêque de Montréal, Christian Lépine, a nommé une avocate bien connue en droit de la famille comme premier « ombudsman » du diocèse. MMarie-Christine Kirouack, de confession juive, recueillera toutes les questions et les plaintes des fidèles qui estiment avoir été victimes d’un membre du clergé.

Mathieu Perreault
Mathieu Perreault La Presse

« Je serai disponible, si une personne désire que je l’accompagne pour porter plainte à la police, ou pour être à ses côtés durant un procès », a déclaré MKirouack en conférence de presse mercredi. Mgr Lépine a déclaré que « personne ne pourra se fermer les yeux » face à un abus, qu’il s’agisse d’abus sexuels, ou de déclarations misogynes, racistes, de comportements déplacés, d’ébriété au travail.

La nomination de MKirouack fait suite au rapport de l’ex-juge Pepita Capriolo sur la gestion du cas de Brian Boucher, ex-prêtre condamné en 2019 à huit ans de prison pour avoir agressé deux garçons. En novembre, Mme Capriolo notait que Boucher avait été envoyé à cinq reprises voir un psychologue pour de tels problèmes, qu’il faisait partie en 2002 d’une liste de « prêtres problématiques », « sous la rubrique Pédophilie », et qu’il avait terrorisé ses collègues et la hiérarchie de l’Église catholique, dont plusieurs prélats ayant passé sous silence les plaintes de paroissiens.

En conférence de presse, Mgr Lépine a indiqué avoir déjà mis en œuvre 18 des 32 recommandations du rapport Capriolo, et indiqué que les autres allaient l’être cette année.

MKirouack affirme qu’elle sera disponible sept jours par semaine, 24 heures par jour. Si une plainte est déposée, elle sera transmise aux autorités compétentes (la DPJ s’il s’agit d’un mineur, par exemple) ainsi qu’à un comité consultatif du diocèse comprenant notamment un « survivant » d’abus sexuels, ce qui faisait partie des recommandations du rapport Capriolo. Mais si une personne veut seulement des informations, MKirouack ne transmettra pas son dossier au comité consultatif.

Les communautés religieuses ne tomberont pas sous le mandat de MKirouack, qui ne couvre que les prêtres sous l’autorité du diocèse.

L’Église a pris l’habitude de nommer des juges ou avocats de renom pour diriger des enquêtes sur ses défaillances en matière de traitement des abus sexuels. Le Comité des victimes de prêtres a par le passé critiqué certaines de ces nominations, estimant qu’il s’agissait de juristes trop associés à l’Église, par exemple des membres d’organisations catholiques. Me Kirouack estime que ce ne sera pas un problème puisqu’elle est juive. Il n’a pas été possible d’avoir une réaction à sa nomination du Comité des victimes de presse mercredi.