Québec s’apprête à augmenter ses cibles d’immigration pour pallier le retard accumulé depuis le début de la pandémie.

Publié le 22 avr. 2021
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« Il y a un manque à gagner de près de 17 000 ou 18 000 personnes, donc on veut faire un rattrapage au niveau de ces seuils-là, et on veut aussi, comme on l’a dit dès le départ il y a trois ans, augmenter tranquillement les seuils », a indiqué la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, jeudi au cours d’une conférence de presse virtuelle. « On travaille sur différents scénarios. »

« En 2020, on a admis au Québec environ 25 000 personnes, et nous, on avait un seuil qui était fixé, avec le gouvernement fédéral, entre 43 000 et 44 000 personnes », a précisé la ministre.

Le milieu des affaires, notamment, demande au gouvernement de revoir à la hausse le nombre d’immigrants accueillis par le Québec en raison de la pénurie de main-d’œuvre, qui nuit à la relance économique.

Le gouvernement de François Legault avait considérablement réduit les seuils d’immigration à son arrivée au pouvoir, ramenant la cible de nouveaux arrivants à environ 40 000 pour 2019 comparativement aux quelque 50 000 sous le gouvernement libéral précédent. L’objectif de cette réduction était, selon le slogan de l’époque, d’« en prendre moins, mais en prendre soin ». Québec prévoyait ensuite une croissance annuelle qui devait ramener ce seuil autour de 50 000 en 2022.

24 millions pour l’intégration à Montréal

La ministre Girault a abordé la question des seuils d’immigration au cours d’une conférence de presse organisée pour ratifier une entente avec la Ville de Montréal, qui prévoit des investissements de 24 millions sur trois ans, partagés en parts égales entre Québec et la métropole, pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants.

« La réalité de notre métropole comporte des défis en matière de francisation et d’intégration, a souligné Mme Girault. Si on veut assurer une survie de ce caractère francophone de Montréal, nous devons faire de grands pas pour que les personnes immigrantes puissent faire partie de la solution. »

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a rappelé que 70 % des immigrants arrivant au Québec s’installent dans la métropole.

« L’entente va nous permettre de continuer à soutenir une trentaine d’organismes qui s’occupent d’accueillir les personnes arrivant à Montréal et de financer plus de 200 projets locaux », a fait valoir Mme Plante.

Elle a donné l’exemple de projets de francisation en milieu de travail, pour lesquels les employeurs demandent une plus grande flexibilité dans le but de répondre aux besoins.