Dans deux décisions rendues récemment, le Conseil de presse a blanchi La Presse pour des plaintes d’inexactitude et d’informations incomplètes.

Léa Carrier Léa Carrier
La Presse

La première cause remonte à septembre 2019, au sujet d’un article publié dans La Presse+ et intitulé « C’est quoi la laïcité ? ». Le texte, qui provient du webmagazine québécois d’actualité pour enfants de 8 à 12 ans Le Curieux, tentait d’expliquer le concept de laïcité aux enfants. La plaignante, Ghislaine Gendron, lui a reproché plusieurs griefs. Elle affirme, entre autres, que le média a contrevenu à l’article 9 a) du Guide de déontologie journalistique du Conseil de presse du Québec sur l’exactitude des faits relatés, en écrivant que « la laïcité signifie que : personne n’a le droit de traiter quelqu’un différemment à cause de sa religion ».

Mme Gendron estime que « c’est la Charte des droits et libertés du Québec qui assure cette protection. Pas la laïcité ». La Presse s’est défendue d’avoir vulgarisé le concept pour un jeune lectorat, ce que lui a accordé le Conseil.

Autre cause

La deuxième cause remonte à décembre 2019, lorsque Stéphane Boucher dépose une plainte à l’égard de la journaliste Mayssa Ferah pour l’article intitulé « Six armes à feu illégales par le SPVM ». Le plaignant juge que le titre aurait dû parler de « possession illégale d’armes ou de possession sans permis », et qu’ainsi, il contrevenait à l’article 14.3 du Guide sur l’exactitude des illustrations, manchettes, titres et légendes.

Or, le Conseil précise que le titre doit résumer l’article de manière compréhensible.

Ici, le terme ‟illégales” est employé à des fins de vulgarisation et de simplification, sans que cet emploi ne soit inexact.

La décision du Conseil de presse

Le plaignant a aussi accusé Mayssa Ferah d’inexactitude dans la phrase suivante : « Deux des suspects se trouvaient en libération conditionnelle et s’étaient engagés à ne pas avoir d’arme à feu en leur possession. » Selon Stéphane Boucher, cette formulation « pourrait laisser croire aux lecteurs que n’importe qui peut avoir des armes au Canada, ce qui n’est pas le cas. Il faut un Permis de Possession et d’Acquisition (PPA). Ces individus n’ont pas à s’engager. Sans un PPA, il est criminel d’être en possession d’armes à feu au Canada ».

Pourtant, et comme l’atteste la décision, les deux suspects ont signé un contrat en contrepartie de leur remise en liberté, dans lequel ils ont consenti à ne pas posséder d’armes à feu. Ainsi, le Conseil a tranché que l’expression « s’engager à » était conforme aux faits relatés et qu’elle n’altérait pas la nature de l’information.