Un « sugar daddy » fait face à six chefs d’accusation parce qu’il aurait eu des relations sexuelles avec une adolescente qui souhaitait devenir sa « sugar baby ». Âgée de 15 ans, elle a prétendu en avoir 18 pour faire « de l’argent rapidement ».

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Bruno St-Pierre, un Montréalais de 52 ans, aurait contacté l’adolescente par l’entremise du site SeekingArrangement, connu pour permettre à des « sugar babies » de rencontrer des « sugar daddies », c’est-à-dire des hommes qui nouent des relations avec des femmes bien plus jeunes moyennant rétribution.

Lors de la première soirée avec cette adolescente, qui s’est déroulée à son domicile du Vieux-Montréal en 2018, la police l’a arrêté pour obtention de services sexuels d’une personne âgée de moins de 18 ans moyennant rétribution, agression sexuelle et possession de pornographie juvénile.

Mardi au palais de justice de Montréal, l’adolescente maintenant âgée de 17 ans a été le premier témoin appelé à la barre. Une vidéo de son témoignage, enregistrée le 27 décembre 2018, a d’abord été visionnée par la juge Patricia Compagnone.

L’adolescente, qui souhaitait de son propre aveu obtenir de l’argent rapidement, aurait entendu parler du site SeekingArrangement par une amie. Cette idée de devenir la « sugar baby » d’un homme en échange d’argent l’intéressait, a-t-elle expliqué à l’enquêteur du module Exploitation sexuelle des enfants du SPVM, Jean-François Chapleau. Puisque le site est réservé aux 18 ans et plus, elle a décidé de mentir sur son âge et de se créer un profil où elle a mis des photos d’elle, dont certaines en sous-vêtements.

En quelques jours, elle aurait été contactée par environ « 70 à 80 hommes », dont Bruno St-Pierre. Ce dernier lui aurait offert de devenir sa nouvelle « sugar baby » en échange de 2000 $ par mois. « J’avais une sugar baby, mais elle n’est plus là. J’en veux une autre », aurait-il dit à l’adolescente, qui aurait toujours prétendu auprès de l’accusé être âgée de 18 ans. Puisqu’elle considérait que c’était « un bon deal », elle a accepté de le rencontrer le 22 décembre 2018.

Lors de ce rendez-vous qui aurait duré plusieurs heures, ils auraient bu de l’alcool, consommé de la cocaïne et elle lui aurait fait quelques fellations. Vierge au moment des évènements, fait qu’elle aurait caché à l’accusé, elle aurait aussi accepté qu’il prenne plusieurs photos d’elle nue.

Plus tôt dans la soirée, l’élève de quatrième secondaire avait envoyé à une amie les coordonnées de « Monsieur Bruno » par précaution. Si cette amie n’avait pas de ses nouvelles à minuit, elle devait « appeler la police ». Passé minuit et sans nouvelles d’elle, ses amies auraient ainsi décidé d’avertir les parents de l’adolescente. Ces derniers auraient alors appelé la police, qui se sont rendus chez l’accusé au milieu de la nuit.

Le procès de Bruno St-Pierre se poursuivra ce mercredi.