Préparez-vous à revenir à Montréal pour la rentrée d’automne : c’est le message de l’Université McGill à ses étudiants.

Yves Boisvert Yves Boisvert
La Presse

De son côté, l’Université de Montréal se gratte la tête et élabore toute une série de plans compliqués pour des demi-classes, des classes de soir, des classes de week-end.

On comprend tous que la situation est flottante et qu’il y a plein d’incertitudes. Mais après un an et demi de fermeture, les campus doivent rouvrir.

Le passage du temps n’est pas un argument, je sais bien. N’empêche : les études sur l’état de santé mentale des étudiants sont inquiétantes et plaident pour une ouverture totale dès que c’est à peu près raisonnable du point de vue sanitaire.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Il est temps d’envoyer le message que la vie sur tous les campus va reprendre son cours presque normal dans six mois, estime Yves Boisvert.

Justement, si le plan de vaccination fonctionne comme prévu, on devrait être en relative sécurité, septembre venu.

Je sais, c’est un peu bizarre de plaider pour une ouverture totale quand la troisième vague se pointe. La Santé publique nous dit qu’elle est aussi inévitable que les deux autres. Et qu’elle pourrait remettre les hôpitaux dans une situation critique. Ce n’est évidemment pas le temps d’enlever les masques et de faire du karaoké. Ça risque fort d’aller moins bien avant d’aller vraiment mieux.

Sauf que la rentrée dans les cégeps et universités a lieu plus de deux mois après la date prévue pour la fin de la première vaccination de tous les adultes volontaires au Québec.

Avec l’augmentation de la cadence, l’arrivée promise de nouvelles doses, l’entrée en action des pharmacies et d’autres initiatives, l’objectif de vaccination « totale » d’ici la fête nationale est parfaitement atteignable.

Déjà, mercredi, Québec annonçait que la cible de 75 % de vaccination ou de rendez-vous de vaccination est atteinte pour toutes les personnes de 70 ans et plus. D’ici quelques semaines, des catégories plus jeunes pourront obtenir leur dose. Les données sont étrangement compilées dans les CIUSSS, mais tout indique que la moitié environ des travailleurs de la santé ont reçu une première dose – 75 % dans les CHSLD, d’après Christian Dubé.

Si, comme prévu, l’accélération se poursuit, on aura atteint les cibles le 24 juin, peut-être même bien avant. Les deuxièmes doses auront été données en bonne partie à la fin de l’été.

Il se trouve que les étudiants universitaires et les cégépiens sont (presque tous) des adultes, donc susceptibles d’être vaccinés. Ils sont aussi à moindre risque de complications. Et si les plus vieux sont déjà protégés, l’argument de la propagation par les jeunes vient de tomber.

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La détresse psychologique est difficile à mesurer, mais un sondage Léger fait l’automne dernier la situait à 81 % chez les étudiants postsecondaires – comparativement à 58 % deux ans plus tôt. Ce fut une année noire pour plusieurs, et le tunnel est long encore…

La qualité de l’enseignement, malgré tous les efforts déployés, n’est évidemment pas la même.

Et bien entendu, la vie étudiante est aux abonnés absents.

Il est temps d’envoyer le message que la vie sur tous les campus va reprendre son cours presque normal dans six mois.

Faut-il vraiment des demi-classes quand les gens sont vaccinés et portent un masque ? Le problème de la distanciation, qui oblige des réorganisations compliquées, n’en sera peut-être même pas un – en fait, probablement pas.

Oui, bien entendu, tout ça peut déraper. Un nouveau variant peut renverser tous ces plans d’immunisation collective. Et alors ? On fera comme on a fait au printemps 2020 : on reviendra aux foutus Zoom. Et on ne perdra même pas une session. On sait comment faire, depuis…

Avec la vaccination massive, la précaution vient de changer de camp. Tout est en place pour dire très fort immédiatement que le plan A, c’est celui du retour, la fin des campus fantomatiques, quitte à faire des aménagements – et non pas le contraire.

Ça donnera de l’espoir, un espoir bien fondé, tout à fait concret, à des centaines de milliers d’étudiants. Mais aussi à tous ceux qui veulent voir revivre les campus et la ville autour.