La Ville de Montréal a-t-elle tiré des leçons des inondations printanières survenues en 2017 et 2019 ? Selon un rapport sur le niveau de préparation des grandes villes canadiennes aux risques d’inondation, la métropole québécoise n’est pas mieux outillée pour faire face à de nouvelles crues.

Publié le 18 févr. 2021
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Montréal obtient la note de C pour sa préparation aux inondations, selon le Centre Intact d’adaptation au climat de l’Université de Waterloo, alors que son score était de B- en 2015.

Ce résultat est qualifié de « décevant » par Joanna Eyquem, directrice des programmes d’adaptation aux changements climatiques au Québec du Centre Intact.

« Les inondations sont le défi climatique le plus important au Québec, dit-elle. Alors que nous abordons la saison des inondations, quand on dit aux gens de rester à la maison sous les restrictions de la COVID-19, les Québécois sont encore plus vulnérables. Les villes devraient comprendre les conséquences d’un manque de préparation pour les prochaines “vagues” d’impacts que nous voyons arriver en lien avec les changements climatiques. »

Le résultat moyen pour l’ensemble des grandes villes canadiennes est de C+ pour 2019-2020.

Montréal obtient ses meilleures notes dans les domaines de la planification de l’aménagement du territoire, de l’évaluation du drainage urbain et de l’évaluation des risques d’inondation.

Par contre, ses résultats sont moins bons en ce qui concerne l’atténuation des risques pour les propriétés résidentielles, la santé et la sécurité publiques, la gestion des urgences et l’atténuation des risques pour les infrastructures essentielles.

Le rapport note que la Ville de Montréal « fournit des renseignements à ses résidants au cas par cas, lorsqu’ils demandent un permis de construire, mais ne prend pas de mesures pour atténuer les inondations fluviales. Elle n’offre pas non plus de programme de subvention pour l’installation de clapets antiretour dans les maisons existantes ».

Les chercheurs soulignent aussi que la Ville n’a pas évalué les vulnérabilités de son réseau électrique ni de ses systèmes alimentaires.

Montréal n’a pas non plus de plan détaillé pour les rejets de produits chimiques dangereux, et ses pouvoirs sont insuffisants pour obliger les propriétaires ou les exploitants de barrages à assurer une surveillance des risques, déplore le rapport.

Enfin, les chercheurs soulignent que la province et la Ville de Montréal travaillent à unifier leurs systèmes respectifs de prévision des inondations et d’alerte. « Il s’agit d’une étape nécessaire et essentielle, car le bassin hydrologique du fleuve Saint-Laurent pourrait représenter une menace de taille pour Montréal », écrivent-ils dans le rapport.

Le Centre Intact a préparé un document pour aider les citoyens à mieux préparer leur résidence pour prévenir les risques d’inondation.

> Consultez le document du Centre Intact

Risques modérés d’inondations printanières

Pour le moment, « le risque d’inondation du lac Ontario demeure une possibilité modérée, mais moins probable que le risque constaté à cette date au printemps dernier », indique le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, dans un communiqué publié le 12 février.

« Bien que les niveaux d’eau du lac Érié et des Grands Lacs d’amont soient tous inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an, ils sont encore très élevés. Ainsi, les apports d’eau du lac Érié vers le lac Ontario demeureront importants dans les prochains mois. Cette situation, combinée à des facteurs saisonniers incertains, comme les précipitations et les eaux de ruissellement de la fonte des neiges, [représente] un risque modéré de crue dans le bassin du lac Ontario ce printemps. »

Le Conseil souligne que, de façon préventive, le niveau d’eau du lac Ontario a été abaissé cet hiver, depuis janvier, au cas où le temps deviendrait pluvieux.

« Les conditions météorologiques un peu plus sèches des derniers mois, conjuguées aux conditions favorables à l’englacement du fleuve et au maintien de débits élevés du lac Ontario, ont entraîné une baisse de son niveau d’eau, de sorte que celui-ci se situe maintenant à quelques centimètres sous sa moyenne saisonnière à long terme. »