L’abolition du service d’intervention de première ligne de l’Accueil Bonneau suscite encore le mécontentement. Une vingtaine de personnes s’étaient réunies au parc Émilie-Gamelin à Montréal pour dénoncer cette décision.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Chloé Bourbiaux, porte-parole du Syndicat des travailleuses et des travailleurs de l’Accueil Bonneau (CSN), fait partie des employés permanents dont le poste a été aboli le 20 janvier. Au total, six postes permanents et cinq postes contractuels d’intervenants ont été retirés. Les employés permanents ont toutefois la possibilité d’être transférés ailleurs au sein de l’organisme.

Outre sa subite perte d’emploi en pleine pandémie après cinq ans de service, Mme Bourbiaux s’inquiète de la présence d’agents de sécurité au refuge. Ils œuvrent sans la collaboration d’intervenants pour prendre en charge les sans-abris.

« La répression n’est pas une solution. On nous a dit qu’on ne répondait plus aux besoins des usagers, mais ce projet de restructuration vu comme un pratique innovante ne règle pas le problème », estime-t-elle.

Les sans-abris qui fréquentent l’organisation n’ont pas besoin de services d’intervention, mais d’être réorientés vers un logement, avait affirmé la direction de l’Accueil Bonneau à La Presse le mois dernier.

« Pour que les personnes puissent avoir accès à des logements, il faut remplir certaines conditions. Sans intervenants, les démarches nécessaires se compliquent », pense Chloé Bourbiaux.

Dans un courriel transmis à La Presse, la directrice de l'Accueil Bonneau, Fiona Crossling, affirme avoir conservé les postes d'intervenants de milieu et projets artistiques, en plus des autres postes en intervention qui demeurent à l'Accueil Bonneau.

« Nous réfutons catégoriquement la rumeur qui circule alléguant que l’Accueil Bonneau ait remplacé les intervenants par des agents de sécurité ; rien n’est plus faux. Les agents de sécurité ne sont en poste que depuis l’ouverture de la Halte-Répit au Grand Quai et quitteront à la fin du projet. »

Le nombre de référencements vers du logement aurait même augmenté depuis la décision du 20 janvier, selon Mme Crossling.