Deux veillées pour rendre hommage aux intervenantes de la protection de la jeunesse mortes la semaine dernière se sont déroulées lundi devant les centres de protection de l’enfance et de la jeunesse du boulevard De Maisonneuve Est et du boulevard Henri-Bourassa Est.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

« On est habitués à aider des gens en difficulté, mais quand ça arrive à nos collègues, on reste sans mots », dit Émilie Martineau. La femme, qui travaille à la protection de la jeunesse, était présente à la veillée du boulevard De Maisonneuve Est par solidarité, même si elle ne connaissait pas personnellement les intervenantes.

Une cinquantaine de personnes se sont regroupées devant les centres de protection de l’enfance et de la jeunesse, chandelle à la main, à la mémoire des deux jeunes intervenantes du Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal âgées de 26 et 23 ans qui ont mis fin à leurs jours le 7 et le 8 février derniers.

« C’est triste de voir quelqu’un si jeune partir », affirme Lucie, qui travaille également dans le milieu de la protection de la jeunesse et qui participait à la veillée par solidarité. « Souvent, on tarde à aller demander de l’aide. Les gens présentent une belle façade au travail, mais on ne peut pas se douter que ça ne va pas », ajoute-t-elle.

« On fait un travail difficile, on fait face à la souffrance tous les jours, alors ça peut être des éléments qui contribuent à une grande détresse », ajoute Mme Martineau.

Le député de Laurier-Dorion à l’Assemblée nationale du Québec, Andrés Fontecilla, était également sur les lieux. « Je suis ici pour manifester ma douleur et ma solidarité envers ses collègues de travail principalement. Ils vivent un deuil dur », soutient-il.

M. Fontecilla déplore aussi le manque de soutien offert aux intervenants dans le cadre de leur travail. « Ils font un travail extrêmement difficile. Ils doivent prendre des décisions lourdes de conséquences rapidement. Je ne peux que souhaiter qu’ils reçoivent le soutien nécessaire. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Des collègues de l’une des intervenantes qui a mis fin à ses jours sont réunis pour une veillée à sa mémoire.

« Ç’a été une onde de choc pour tous les intervenants. C’est vraiment difficile pour tout le monde. Pour la DPJ, pour le CIUSSS et pour le Québec au complet », renchérit Julie Houle, présidente de l’exécutif local de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

D’autres veillées auront lieu ce lundi soir dans plusieurs régions, en solidarité avec les intervenantes du Centre jeunesse de Montréal.

Si vous avez besoin de soutien, si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour l’un de vos proches, appelez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Un intervenant en prévention du suicide est disponible pour vous 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Vous pouvez aussi consulter le site commentparlerdusuicide.com.