Une quarantaine de personnes de la communauté algérienne de Montréal et des alentours se sont réunies sur les lieux de la fusillade survenue dimanche soir dans l’arrondissement de Saint-Léonard. La foule a observé une minute de silence à la mémoire de Meriem Boundaoui, 15 ans, partie trop tôt.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Dans une longue étreinte secouée de bruyants sanglots, les deux sœurs de la jeune Meriem Boundaoui ont rendu hommage, mardi en matinée, à l’adolescente tombée sous les balles dimanche dernier.

Safia et Bahia Boundaoui ont poussé de longs cris ponctués de pleurs sonores. L’une des deux sœurs s’est effondrée au sol en touchant la neige encore imprégnée de sang.

L’initiative du rassemblement a beaucoup touché Samir Bouchoul, beau-frère de la victime. Deux jours après la mort de Meriem Boundaoui, le choc et l’incompréhension étaient toujours bien présents. « On a tout fait pour la ramener [au Canada]. C’était une fille brillante et on voulait qu’elle réussisse. Elle est venue pour la paix, elle a trouvé la violence », a-t-il dit, le regard vitreux.

  • PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

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Son fils de 6 ans regardait avec incompréhension sa famille en pleurs. Il tenait dans sa petite main une lettre d’adieu à Meriem, a expliqué son père.

« Les coupables, on doit les retrouver. Je veux qu’on fasse justice pour Meriem », a-t-il poursuivi en évoquant le terrible drame au cours duquel sa belle-sœur de 15 ans a été atteinte à la tête par des projectiles.

Le corps de Meriem Boundaoui sera rapatrié en Algérie, son pays d’origine, où vivent toujours ses parents. Ils pourront ainsi vivre leur deuil. « C’est dur [pour eux] de vivre ça à distance. On doit accepter ce qui est arrivé, même si on ne comprend pas », a chuchoté M. Bouchoul.

Des dizaines de citoyens sont venus soutenir l’entourage de la défunte. Ces participants s’inquiètent des récents épisodes de violence dans l’est de la métropole, qui coûtent la vie à de jeunes et innocentes victimes.

« C’était mon quartier avant et c’était tranquille. Ça me choque énormément de voir une famille en deuil à cause de jeunes qui se retrouvent avec des armes à feu », a commenté Tiziri Ramadane, une mère de famille présente sur place.

L’enquête du Service de police de la Ville de Montréal sur la mort de Meriem Boundaoui est toujours en cours. Pour l’instant, aucun suspect n’a été arrêté.

À Québec, mardi, l’opposition libérale a réclamé du gouvernement Legault « une opération d’envergure avec une présence policière et communautaire accrue » dans les quartiers qui connaissent une recrudescence de violence à Montréal.

« Je veux rassurer la population : le gouvernement prend cette situation très au sérieux », a répondu le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, présentant dans la foulée les condoléances du gouvernement à la famille de la jeune victime.

« C’est une lutte sans relâche que nous devons effectuer contre ce genre d’individus qui sont nocifs pour la société québécoise. Nous vivons dans une société qui est sécuritaire […]. Le crime organisé, c’est comme de la mauvaise herbe. Ça repousse [et] il faut s’assurer de le couper à la racine », a dit le ministre.