Montréal fera pression sur Ottawa pour que soit décriminalisée la possession simple de toutes les drogues, alors que le nombre de surdoses explose dans la métropole.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« Nos façons de faire sur les questions de toxicomanie ne fonctionnent pas, elles ne sont pas efficaces », a souligné Marvin Rotrand, conseiller indépendant du district de Snowdon, qui a présenté une motion à ce sujet, adoptée mardi au conseil municipal de Montréal.

« À Montréal, Urgences-Santé nous dit que les appels pour des interventions pour des surdoses ont augmenté de 300 à 400 %. »

Lundi, le Service de police de la Ville de Montréal s’est dit favorable à cette idée, dans une optique de réduction des méfaits, une position déjà appuyée par l’Association canadienne des chefs de police.

Le conseil municipal a aussi reçu mardi l’appui de la directrice de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

Dans les derniers mois, les villes de Toronto et de Vancouver, ainsi que plusieurs plus petites municipalités, ont demandé au gouvernement fédéral de décriminaliser la possession simple de drogues, comme l’a fait le Portugal il y a plusieurs années.

Treize conseillers municipaux se sont cependant opposés à la motion présentée par Marvin Rotrand, craignant d’envoyer aux jeunes un message banalisant la consommation de drogues.

« Plus l’accès aux drogues est rendu facile, plus elles vont être perçues comme acceptables, et plus elles vont être consommées et faire d’autres victimes », a fait valoir le conseiller de Saint-Léonard Ouest, Dominic Perri, membre du parti Ensemble Montréal, qui croit plutôt qu’il faudrait demander un contrôle plus serré de ces drogues et des peines de prison plus sévères pour les revendeurs.