Les visites ont été interrompues en début d’après-midi samedi dans deux hôpitaux de la Montérégie en raison de taux d’occupation élevés et d’éclosions apparues sur certaines unités de soins, alors que la propagation de la COVID-19 demeure inquiétante dans cette région.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« En raison de la hausse du nombre de cas dans la population, de la transmission soutenue dans la communauté, de l’apparition d’éclosions sur certaines unités ainsi que des taux d’occupation élevé dans nos hôpitaux, nous nous voyons dans l’obligation d’interdire les visites à l’Hôpital du Suroît et à l’Hôpital Anna-Laberge jusqu’à nouvel ordre », indique le CIUSSS de la Montérégie-Ouest dans un communiqué.

Depuis 13 h, samedi, ces deux établissements ne peuvent en effet plus recevoir de visiteurs, à l’exception toutefois de « raisons humanitaires ».

Les cas ont augmenté de manière importante dans la dernière semaine, donc de notre côté, on veut protéger nos patients dans les hôpitaux.

Jade Saint-Jean, porte-parole du CIUSSS de la Montérégie-Ouest

Seules quatre catégories de personnes seront autorisées dans les deux hôpitaux. En premier lieu, l’accompagnateur d’une personne en fin de vie pourra s’y rendre pour un « décès imminent dans les prochaines 48 heures » en zones froides et « dans les prochaines 24 heures » dans les unités COVID-19. Une seule personne par jour et une seule visite sera autorisée. « Le visiteur ne peut pas partir et revenir, même durant la même journée », précise l’organisation de santé ce sujet.

Le père, la mère ou le tuteur légal d’une personne mineure font aussi partie des exemptions, à raison d’une personne à la fois, tout comme la personne en soutien à une femme de l’unité mère-enfant. À l’urgence, « lorsque cela est requis médicalement », un usager sera également autorisé à entrer avec le patient. « Nous sommes conscients que cette mesure temporaire peut occasionner des désagréments, toutefois, elle est essentielle pour assurer la sécurité de tous. Sachez que cette mesure sera réévaluée quotidiennement et ajustée selon l’évolution de la situation », rajoute le CIUSSS.

Une situation fragile

Le nombre de cas rapportés quotidiennement en Montérégie demeure important. Depuis mardi, on a recensé respectivement 440, 436, 382, 469 et 424 infections individuelles, dans la région, soit un peu plus de 2150 cas en cinq jours. Quelque 1130 décès ont déjà été enregistrés dans la région, soit le deuxième plus haut sommet à ce chapitre après Montréal.

Selon les données des autorités, tout près de 11 000 doses du vaccin contre la COVID-19 ont jusqu’ici été administrées en Montérégie.

Troisième et dernier établissement qui est sous la supervision du CIUSSS de la Montérégie-Ouest, l’Hôpital Barrie Memorial, lui, continuera d’accueillir des visiteurs de manière régulière. « Comme il est plus éloigné, les enjeux sont un peu moins présents dans son cas », explique Mme Saint-Jean.

14 cas en 24 heures

Dans l’est de la métropole, le CHSLD Jeanne-Le Ber est aux prises avec une éclosion active ; jeudi, 14 nouvelles infections ont été signalées en seulement 24 heures. « C’est survenu dans une unité de soins post-aigus, qui reçoit des gens qui sortent de l’hôpital, ce qui explique pourquoi ils sont atteints du virus », dit une porte-parole du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Catherine Dion.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Le CHSLD Jeanne-Le Ber

Isolée du reste des étages, l’unité en question accueille des usagers arrivant de l’hôpital qui sont en « réadaptation intensive », après une mauvaise chute ou une fracture par exemple. « On les garde en moyenne 20 jours, mais ils ne sont pas en contact avec nos résidents. Ça demeure sous contrôle : on applique toutes les mesures de prévention », assure Mme Dion.

Les usagers de cette unité n’ont pas été vaccinés puisqu’ils ne font pas partie « de la catégorie prioritaire pour le moment », explique le CIUSSS. Ce dernier assure toutefois que parmi ses résidents, la campagne avance bon train. Entre 85 % et 90 % d’entre eux ont été inoculés. « D’ici le début de la semaine, ça devrait être terminé dans nos 15 établissements », avance la porte-parole.