Une quarantaine de Canadiens atteints du coronavirus sont toujours au Japon, traités dans les hôpitaux locaux après avoir été transférés du navire de croisière Diamond Princess.

Roxanne Ocampo et Ugo Giguère
La Presse canadienne

En tout, 256 Canadiens prenaient place à bord du Diamond Princess. Vendredi matin, 129 d’entre eux sont rentrés au pays à bord d’un avion nolisé par Ottawa. Ils devront se soumettre à deux semaines de quarantaine supplémentaires au complexe hôtelier Centre Nav à Cornwall, en Ontario.

Les Canadiens infectés sur le navire ont dû rester au Japon pour être hospitalisés et recevoir des traitements médicaux.

Les Canadiens en bonne santé qui ne sont pas revenus dans cet avion sont soit déjà rentrés au pays par d’autres moyens ou ont poursuivi leur route vers d’autres destinations.

D’autres ont choisi de rester au Japon avec un proche malade, par exemple.

Quant aux croisiéristes atteints du coronavirus COVID-19, ils « sont dans une douzaine d’hôpitaux à travers Yokohama et la capitale autour de Tokyo », a précisé le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne, ajoutant que son personnel assurait un suivi personnalisé dans chacun des cas.

C’est le cas de Manon Trudel et de Julien Bergeron. La femme de 61 ans n’a pas été infectée par le virus, mais son conjoint âgé de 60 ans a contracté la maladie. Celui-ci souffre en surplus d’une double pneumonie.

Selon ce qu’a rapporté la sœur de Mme Trudel, Flavie, le couple de Pointe-aux-Trembles se trouve séparé dans deux hôpitaux différents au Japon. Manon Trudel attend la confirmation d’un deuxième test négatif afin d’obtenir son congé, mais elle n’a pas l’intention de rentrer sans son partenaire.

En colère contre le ministre

D’après ce que mentionne Flavie Trudel, sa sœur et son beau-frère en ont gros sur le cœur contre le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne qui « ne les a pas aidés quand ils en avaient besoin », dit-elle.

La famille en veut à Ottawa d’avoir fait aveuglément confiance aux autorités japonaises, sans s’informer de la situation réelle sur le terrain.

« Il a accepté l’idée du Japon de faire une quarantaine sur un bateau contaminé. Une quarantaine bâclée. J’imagine qu’il a été mal informé par les autorités japonaises, mais il n’a pas vérifié si les informations étaient les bonnes et il aurait dû se réveiller quand il a vu que les cas se multipliaient », dénonce-t-elle.

PHOTO SEAN KILPATRICK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

D’après ce que mentionne Flavie Trudel, sa sœur et son beau-frère en ont gros sur le cœur contre le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne qui « ne les a pas aidés quand ils en avaient besoin », dit-elle.

Le couple Trudel-Bergeron a d’ailleurs documenté les graves manquements aux règles sanitaires de la quarantaine et ont alerté des médias d’un peu partout sur la planète.

De l’avis de Flavie Trudel, le gouvernement canadien au dû « ramener les gens ici avant qu’ils ne soient contaminés ». Elle souligne que les États-Unis ont réagi beaucoup plus rapidement et ont pu sortir leurs citoyens du bateau rapidement.

D’autres décès

Le ministère japonais de la Santé a par ailleurs annoncé dimanche la mort d’un troisième passager hospitalisé du Diamond Princess.

Il s’agit d’un Japonais octogénaire, qui avait été parmi les premiers à présenter des symptômes au début du mois.

De nouveaux cas ont également été détectés parmi les passagers et membres de l’équipage, portant à 691 le nombre total d’infections chez les personnes qui ont été à bord du Diamond Princess.

Avec Mari Yamaguchi de L’Associated Press