La découverte d’une clé USB contenant les renseignements de 51 400 enseignants, encore actifs ou non, a été annoncée cette semaine au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Près de 360 000 personnes pourraient être touchées par un vol d’identité.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le ministère a annoncé la nouvelle vendredi après-midi, deux jours après que la Sûreté du Québec l’eut informé de la situation.

« Tous les enseignants de la banque recevront une lettre et vont recevoir une protection d’une firme de surveillance de crédit aux frais du gouvernement », a indiqué le porte-parole du gouvernement Antoine Tousignant.

Le vol touche une base de données servant à déterminer la classification académique des enseignants du Québec, à tous les niveaux, et tant au privé qu’au public. Les données d’enseignants actuels comme d’anciens enseignants s’y trouvent.

C’est l’utilisation frauduleuse d’un nom d’utilisateur et d’un mot de passe qui serait en cause, et non une défaillance du système, a précisé M. Tousignant.

« Les individus fautifs ont eu accès à une base de données renfermant les renseignements personnels de près de 360 000 enseignants après avoir dérobé un code utilisateur et un mot de passe », a indiqué le ministère dans un communiqué.

Selon lui, « la fiabilité des systèmes informatiques du gouvernement n’est pas remise en cause puisque le vol aurait été réalisé à partir d’une utilisation frauduleuse d’un mot de passe et d’un code d’accès ».

Ainsi, les données personnelles d’enseignants actuels ou anciens « peuvent avoir été dérobées ».

Le Ministère précise qu’il a été avisé de la situation le 19 février par la SQ, « dans la foulée de (son) enquête sur le vol d’identité de personnes œuvrant ou ayant œuvré à titre d’enseignante et d’enseignant ».

L’enquête de la SQ a commencé en avril 2018, alors que des vols d’identité d’enseignants sont signalés. Le 1er mars dernier, le corps policier a annoncé l’arrestation de deux hommes de Montréal en lien avec ces vols. « L’enquête a permis de découvrir qu’une ou des organisations criminelles utilisent les informations des identités volées afin de commettre des fraudes un peu partout au Québec », précisait-il alors. Lors de cinq perquisitions, « du matériel informatique, des téléphones cellulaires, de faux documents ainsi que de fausses cartes de crédit ont été saisis par les policiers ».

La Fédération des syndicats de l’enseignement CSQ a demandé au gouvernement de s’assurer « que ça ne se reproduise jamais ».

À compter de samedi, une ligne téléphonique sera disponible pour répondre aux questions des enseignants ou anciens enseignants au 1-877-644-4545.