André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, a profité de la journée de réflexion stratégique de l’Union paysanne, aujourd’hui, pour annoncer un projet pilote d’abattage de poulets à la ferme.

Ève Dumas Ève Dumas
La Presse

Pour l’instant, les producteurs qui souhaitent vendre la viande issue de leurs petits élevages artisanaux doivent envoyer les poulets à l’abattoir. Ceux-ci étant aujourd’hui très peu nombreux, dans la province, et plutôt habitués à des volumes élevés, ne sont pas adaptés à la réalité de l’agriculture à petite échelle.

Plusieurs éleveurs, dont l’artisan fermier et auteur Dominic Lamontagne, militent depuis des années pour la légalisation de petits postes d’abattage à la ferme.

Cela dit, les produits obtenus dans le contexte du projet pilote ne pourront être commercialisés. Ils sont réservés à la consommation personnelle, comme c’est le cas présentement.

La différence ? Il y aura un encadrement du MAPAQ. À terme, l’intention est de permettre la mise en marché de proximité. Rappelons que la hausse de production hors quota de poulets est récemment passée de 100 à 300.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

L’artisan fermier et auteur Dominic Lamontagne

« Au Québec, il importe que chaque personne qui désire mettre ses talents et sa passion au service de l’agriculture et de l’occupation du territoire puisse bénéficier d’un environnement qui lui permette de s’épanouir et de gagner sa vie. Les résultats seront mis à profit dans le contexte de la révision de la Loi sur les produits alimentaires et du Règlement sur les aliments, qui gagnent à être mis à jour pour tenir compte de la demande des consommateurs pour les produits locaux », peut-on lire dans le communiqué émis par le ministère.

Les producteurs artisans souhaitant participer au projet pilote peuvent se renseigner sur le site du ministère. Ils seront toutefois peu nombreux à pouvoir s’y inscrire, le MAPAQ souhaitant mener son étude de la manière la plus contrôlée possible, pour des raisons de sécurité alimentaire.

Un deuxième volet s’inscrit à ce projet pilote. Il s’agit de la permission de préparer à la ferme un aliment cuit contenant du lait cru provenant de la ferme, autre que du lait de vache. Rappelons qu’il est impossible de commercialiser du lait de vache ou des produits élaborés avec du lait de vache de sa ferme sans posséder de quota.

Une loi fédérale interdit le commerce de lait cru – peu importe l’animal – au Canada. « Quand on lit la loi fédérale, c’est tentant de croire que la cuisson, qui permet la pasteurisation, devrait suffire », expliquait Dominic Lamontagne dans un article publié en novembre dernier.

Mais non, le MAPAQ prend le relais et ajoute qu’il faut que tout ça se fasse dans une usine laitière, infrastructure qui n’est pas du tout adaptée à l’agriculture artisanale et qui nécessiterait un investissement dans les six chiffres. C’est la demande que je fais, donc, qu’on nous laisse pasteuriser par la cuisson. »

Si le projet pilote se révèle concluant, M. Lamontagne et consorts pourront un jour servir des quiches et des crèmes caramel faites avec leur lait de chèvre cru.