Battue à coups de bâton jeudi soir près du métro Beaubien, vraisemblablement par un inconnu, une femme du quartier La Petite-Patrie a lancé un cri d’alarme pour retrouver son agresseur et appeler à la vigilance.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

Julie*, 34 ans, se trouvait sur l’avenue De Chateaubriand lorsqu’elle s’est fait frapper à la tête par un homme à coups de bâton de bois. Il était près de 21 h, et elle rentrait chez elle, après une première activité entre amis depuis son accouchement, fin janvier.

« J’ai vu quelqu’un à ma gauche, avec un objet dans les airs, et je pensais que c’était peut-être quelqu’un que je connaissais, un ami qui voulait me faire peur », a raconté au téléphone la femme, qui a requis l’anonymat, par crainte d’être identifiée par l’agresseur. « Quand il m’a donné le premier coup à la tête, j’ai compris que c’était une agression. »

Elle pense être tombée sur le trottoir.

Il n’y avait personne autour. La trentenaire raconte avoir alors décidé de retourner vers l’édicule du métro, d’où elle arrivait.

« Il continuait à me donner des coups visés à la tête, majoritairement », a-t-elle expliqué d’une voix brisée.

Pendant que l’homme la frappait, il ne disait pas un mot. Julie, elle, lui criait d’arrêter, encore et encore.

Elle a couru. Elle est retombée après un nouveau coup. « Je me suis dit qu’il fallait que je reste éveillée, parce que s’il me donnait un autre coup, je sentais que j’allais m’évanouir et qu’il allait m’achever. »

Son nouveau-né laissé à la maison avec son conjoint pour la première fois occupait ses pensées.

« J’avais surtout peur pour mon petit garçon d’avoir des séquelles, de ne pas pouvoir m’en occuper, donc je voulais rester éveillée le plus possible », a ajouté la femme en pleurant.

Elle a finalement atteint l’édicule du métro. La voyant accourir ensanglantée, des personnes sur place l’ont prise en charge. Elles ont appelé les secours pendant que l’agresseur prenait la fuite dans une autre direction.

« C’est gratuit »

Julie s’en est tirée avec des points de suture à la tête, des lésions et des ecchymoses à divers endroits sur le corps. Elle n’a pas subi de traumatisme crânien.

Son conjoint et elle ont sonné l’alarme pour retrouver l’agresseur. « C’est gratuit », a soupiré son amoureux, au téléphone. Il a invité les gens à faire preuve de vigilance, et les témoins potentiels à se manifester auprès des policiers. « Notre souhait le plus profond est qu’ils le pognent », a dit l’homme de 36 ans, encore étonné par un acte aussi violent survenu dans un quartier comme le sien.

Le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé l’ouverture d’une enquête à la suite d’une agression, sans donner beaucoup d’informations sur l’évènement. « On cherche un suspect masculin, dont l’âge peut varier entre 25 et 35 ans », a dit le porte-parole du SPVM Julien Lévesque.

Julie a mal vu son agresseur, mais l’estimait plutôt petit, et avec le visage pâle. Elle ne pensait pas le connaître.

Elle était sous le choc. « Avant que ça m’arrive, je n’avais pas conscience que quelque chose comme ça pouvait arriver, a-t-elle noté. Tu as tes écouteurs, tu ne regardes pas aux alentours… Je ne veux pas faire peur aux gens, je veux juste qu’ils sachent que ça peut arriver, et il faut être vigilant, regarder autour. »

* Prénom fictif