Dans un vibrant témoignage à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, Mary Hannaburg, vice-présidente de Femmes Autochtones du Québec, a plaidé pour que cesse l’acculturation des jeunes autochtones qui sont trop souvent placés dans des familles ou des foyers à l’extérieur de la communauté.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

« Une fois que le lien est brisé, il est brisé pour de bon », a fait remarquer Mme Hannaburg.

La voix brisée, Mme Hannaburg a signalé que ces placements hors communauté par la DPJ « ne sont pas sans rappeler l’époque des pensionnats » où, pendant des décennies, les jeunes autochtones ont été enlevés brutalement à leur famille dans le but de leur faire perdre toute culture autochtone.

S’il n’est plus question de pensionnats, mais de décisions de la DPJ, le résultat est très semblable, à son avis. Loin de leur famille, de leur culture et de leur communauté, « les jeunes sont perdus, tout comme leurs familles ».

Mme Hannaburg a rappelé ce que divers témoins à la Commission ont aussi dit avant elle : de nombreuses familles autochtones perdent leurs enfants en bonne partie à cause de la pauvreté dans lesquelles elles vivent.

Il faut aider les familles autochtones à se remettre sur pied « plutôt que de les juger », a-t-elle insisté.

Autre problème soulevé par Femmes Autochtones du Québec : cette pression mise sur les familles d’accueil (aussi bien autochtones que non autochtones, a-t-elle précisé), pour qu’elles acceptent la tutelle des enfants sous leur toit.

Or, a relevé Mme Hannaburg, les sommes octroyées par l’État en cas de tutelle sont moindres que les sommes pour des familles d’accueil.

Dans la mesure où les familles autochtones ont souvent du mal à joindre les deux bouts, cela expose les enfants à davantage de défavorisation.