(Québec) Il faut aller plus loin que simplement définir la cyberdépendance si l’on veut vraiment répondre aux questions des parents du Québec, selon l’opposition libérale.

Caroline Plante
La Presse canadienne

Son porte-parole en santé, André Fortin, est impatient de voir ce qui ressortira du tout premier forum gouvernemental sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes. L’événement se tiendra lundi, dans un hôtel de Québec, et réunira plusieurs experts.

Une deuxième journée de consultations est prévue le 20 mars, cette fois avec des groupes communautaires. Le tout devrait éventuellement déboucher sur un plan d’action.

Dans une entrevue à La Presse canadienne publiée dimanche, M. Fortin demande au ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, de trouver des moyens concrets pour aider les parents « dans leur cheminement ».

M. Carmant avait précédemment fait savoir que son objectif de lundi était de bien définir la cyberdépendance.

« C’est un combat quotidien de limiter le temps d’écran pour nos enfants, lance M. Fortin, lui-même père de deux enfants. De simplement dire : “On veut sortir du forum avec une définition”, ça n’aide pas les parents dans leur quotidien à savoir à quel moment mon enfant a trop été exposé à un écran, quel type de contenu est le plus approprié et quelles sont les meilleures façons de limiter l’utilisation des écrans. »

L’opposition officielle souhaite qu’à la suite du forum, les parents comprennent clairement les effets nocifs d’une dépendance aux écrans, ainsi que l’impact sur la santé des programmes scolaires de sports électroniques (« e-sports »).

« La théorie, elle va nous être présentée, poursuit André Fortin, mais ce qu’on veut, au-delà de ça, c’est de savoir comment un parent peut aider son enfant, et est-ce que les programmes qui sont mis en place par le gouvernement de la CAQ, ça peut avoir un effet positif. »

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Lionel Carmant, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, avait précédemment fait savoir que son objectif de lundi était de bien définir la cyberdépendance lors du premier forum gouvernemental sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes.

« Nous, on a des doutes sérieux quant à l’impact positif d’un programme de “e-sports” », a-t-il ajouté, accusant le ministère de l’Éducation d’avoir fait un « faux départ » en déployant ce type de programme à travers le Québec.

Les libéraux demandent un moratoire, le temps qu’on évalue l’impact des « e-sports » sur la santé. Ils soutiennent que contrairement aux programmes de sports-études et d’arts-études, les « e-sports » peuvent créer une dépendance chez les jeunes.

« On n’a aucune preuve que l’encadrement de ces programmes-là est approprié, a renchéri M. Fortin. Le forum va nous permettre de savoir si on doit continuer, arrêter, prendre une pause, changer les modalités du programme. »

« Est-ce que le ministre de l’Éducation va entendre tout ce qui a été dit ? Je pense qu’elle est là, la vraie question. »

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a toujours refusé un moratoire, arguant que les programmes « e-sports » sont équilibrés, dans la mesure où les jeunes, après avoir joué aux jeux vidéo, doivent faire de l’éducation physique.

« Si les experts disent au ministre délégué à la Santé : “Il faut abolir des programmes comme ceux-là », il ne peut pas rester à s’asseoir sur ses mains. Il doit agir, il doit relayer cette information-là au ministre de l’Éducation, et à ce moment-là, ça deviendrait complètement irresponsable de poursuivre avec des programmes de « e-sports” », a souligné M. Fortin.

Les libéraux – qui participeront au forum avec des députés de Québec solidaire et du Parti québécois – entendent produire une série de recommandations.

Par contre, ils réitèrent qu’une commission parlementaire aurait été préférable, car les travaux auraient été diffusés et accessibles à « tous les Québécois ».

« Le forum, ce n’est pas le mode qu’on souhaitait », affirme M. Fortin.