(Ottawa) Le gouvernement malaisien a récemment renvoyé 11 conteneurs de déchets de plastique au Canada, alors que le pays d’Asie du Sud-Est adopte une position ferme face à l’importation de « déchets illégaux ».

Mia Rabson
La Presse canadienne

Cependant, le Canada reste avare de détails sur la quantité de déchets retournés par des pays en développement comme la Malaisie, l’Indonésie, le Cambodge et les Philippines, qui exigent que les pays les plus riches du monde cessent de les utiliser comme sites d’enfouissement.

Les responsables canadiens, invoquant les lois sur la protection des renseignements personnels, refusent de fournir des détails sur l’envoi de conteneurs de déchets, et ne veulent pas dire où ceux-ci se sont retrouvés ni qui a payé pour les expédier.

Le printemps dernier, Environnement Canada a dépensé plus de 1,1 million pour rapatrier 69 conteneurs de déchets canadiens des Philippines et a payé pour qu’ils soient traités dans une usine de valorisation énergétique de la Colombie-Britannique.

Lors d’une conférence de presse lundi dans le port de Penang, la ministre malaisienne de l’Environnement, Yeo Bee Yin, a déclaré que la Malaisie avait renvoyé 150 conteneurs de déchets, principalement des déchets de plastique non recyclables, dans 13 pays, dont le Canada, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Espagne et le Japon.

Elle a affirmé que la Malaisie ne serait pas utilisée comme « poubelle du monde ».

La ministre a précisé que la Malaisie n’avait pas payé pour le renvoi de ces conteneurs de déchets : la facture a été assumée par les exportateurs et les compagnies maritimes concernés. Les autorités canadiennes n’ont pas voulu dire si le gouvernement fédéral avait payé une partie du rapatriement des conteneurs.

Le marché mondial de l’expédition des déchets et des matières recyclables est devenu un casse-tête majeur en 2018 lorsque la Chine a cessé d’accepter la plupart des déchets de plastique recyclables. Une grande quantité de déchets se sont alors retrouvés dans des pays en développement, souvent illégalement.

Des conteneurs de déchets sont restés dans des ports philippins pendant près de six ans après y avoir été expédiés à tort en tant que plastiques à recycler. Le Canada et les Philippines se sont affrontés pendant des années sur la façon dont les déchets seraient éliminés ; Ottawa a finalement reculé et accepté de rapatrier les conteneurs lorsque le président philippin Rodrigo Duterte a menacé de rompre les relations diplomatiques.

Environnement Canada a confirmé qu’un certain nombre de conteneurs étaient arrivés à Vancouver depuis la Malaisie en décembre et en janvier, mais a redirigé La Presse canadienne à l’Agence des services frontaliers du Canada pour plus d’informations sur ces déchets.

La porte-parole Judith Gadbois St-Cyr a indiqué que l’agence ne pouvait pas fournir d’informations, faisant valoir la confidentialité pour les entreprises impliquées. Elle a affirmé que l’agence n’avait pas de renseignements sur les lieux où sont disposés ces déchets ni sur les coûts liés à l’opération.