Une organisation représentative de la communauté juive du Québec a demandé ce matin de débaptiser une rue qui rend hommage à un agriculteur qui refusait de cohabiter avec les Juifs. Saint-Jean-sur-Richelieu a indiqué y réfléchir.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

En divisant sa terre agricole de Saint-Jean-sur-Richelieu, dans les années 50 et 60, Alphonse Waegener a fait inscrire dans les contrats de vente une interdiction perpétuelle de vendre ou de louer à des individus de confession juive. Cette interdiction, totalement illégale, survit jusqu’à aujourd’hui pour quelque 350 terrains.

La mémoire de M. Waegener est célébrée dans le nom d’une rue et d’un parc dans le quartier qui s’est bâti sur ses terres.

Ce matin, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a formellement demandé que la rue et le parc Waegener changent de nom.

« La municipalité n’a plus le choix de faire le choix qui s’impose, a indiqué le porte-parole David Ouellette. Nous allons entrer en communication avec la municipalité pour faire cette demande. »

Louis Waegener, le fils d’Alphonse Waegener, avait tenté de justifier la position de son père en entrevue avec La Presse la semaine dernière, affirmant que « les Juifs, ils deviennent maître un peu dans tout. C’est ça qu’il n’aimait pas. » C’est la goutte qui a fait déborder le vase pour CIJA.

« Le conseil va regarder ça. »

Du côté de Saint-Jean-sur-Richelieu, on indique commencer une réflexion sur la question.

« Il était usuel à une certaine époque de nommer des noms de rues et de parcs selon les propriétaires qui cédaient les terrains à la ville pour les faire », a indiqué Sylvain Latour, relationniste à l’hôtel de ville.

« La ville prend acte de ça et va prendre les décisions qui s’imposent », a-t-il ajouté. « Le conseil va regarder ça. »