À l’occasion de la période des Fêtes, nos chroniqueurs tracent un bilan de 2020 avec des personnalités qui ont fait l’actualité, ou dont le destin – chamboulé par la COVID-19 – les a particulièrement marqués. Aujourd’hui, Mario Girard revient sur l’année de Siméon, onze mois et trois quarts.

Mario Girard Mario Girard
La Presse

Bonjour ! Je suis Siméon. J’aurai bientôt 1 an. On me dit sympathique, un brin séducteur et doté d’une force de caractère certaine. Quand je n’aime pas quelque chose, on le sait tout de suite.

En revanche, s’il y a une chose que je n’aurai pas dans la vie, c’est le sens du timing. Imaginez-vous que je suis né quelques heures avant le coup de minuit du 1er janvier 2020. En effet, j’ai choisi de débarquer sur Terre au tout début de cette année historique.

Bravo, mon champion !

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Siméon, né le 31 décembre 2019

Mes parents se nomment Marie-Ève et David. Ça a cliqué tout de suite avec eux. Il faut dire que j’avais très faim et j’ai rapidement compris que pour être nourri, il fallait que je sois gentil avec ces deux-là.

J’ai fait la rencontre de ma sœur le 2 janvier. Elle était chez notre grand-père paternel au moment de mon arrivée. Quand elle est entrée dans la chambre où je me trouvais, elle est venue vers moi. Tout à coup, Coralie semblait grande aux yeux de mes parents.

Ma mère s’est mise à pleurer. Je suis allé voir sur Google. Il paraît que c’est lié au post-partum.

Tout ça pour dire qu’on s’entend très bien, ma sœur et moi. Même que des fois je la trouve un peu pot de colle. Elle me bécote sans arrêt et me présente à tout le monde lorsqu’on se balade en famille.

Au début du mois de mars, les airs de la maison ont changé : ma sœur a cessé d’aller à la garderie. Puis, ce fut au tour de mon père de rester avec nous.

Pourtant, ce n’était pas le week-end.

J’ai finalement appris que plein de papas et de mamans restaient à la maison. J’ai cru comprendre que c’était à cause d’un virus.

Les gens étaient inquiets, mais en ce qui me concerne, ce ne fut que du bonheur ! J’avais les trois personnes que j’aime le plus au monde juste pour moi. Youpi ! Yahou ! Party !

Mes parents ont adopté une drôle d’attitude. Régulièrement, ils me montraient des gens sur un petit écran. J’entendais leurs gloussements admiratifs. On me disait : c’est papi ! c’est mamie !

Pendant des mois, j’ai appris à découvrir ma famille élargie sur toutes sortes d’écrans. J’avoue qu’à un moment, j’étais un peu mélangé. Entre mes nombreuses mamies (Monique, Diane, Lucie, France), Anne-Marie Dussault et Sophie Thibault, j’avais du mal à savoir qui était qui et qui faisait quoi !

Quand le beau temps est arrivé, on a commencé à faire des balades en voiture. Notre activité préférée était de faire la chasse aux arcs-en-ciel. Dès qu’un de nous quatre en apercevait un, il devait le dire.

Puis, Pâques m’a donné l’occasion de faire ma première chasse aux œufs. Quelle drôle de pratique ! Ils sont fous, ces humains !

Au mois de mai, je me suis dit qu’il fallait bien que je me trouve un sport. Pas envie de traîner ces bourrelets de bébé trop longtemps. Qu’est-ce que je pouvais bien faire ? Jogging ? Soccer ? Spinning ? J’ai opté pour l’attrapage de pieds.

Le 3 mai, c’était l’anniversaire de Coralie. Mes parents ont organisé une fête sur le thème de La reine des neiges. Eh oui, ma sœur adore Elsa, Anna, Kristoff, Sven, Olaf et compagnie.

Libééééérée ! Délivrééééée !

Oui, libérez-moi de ma sœur, s’il vous plaît !

Attraper ses pieds, c’est le fun au début, mais ça devient vite lassant. Je me suis alors inspiré d’une activité que j’avais vue à l’émission Occupation double : ramper devant tout le monde !

À moi la planète ! À moi les contrées inconnues.

Durant l’été, mes parents ont décidé de nous amener au parc Oméga. Au début, ça allait. Je trouvais amusant de voir les animaux. Mais quand nous sommes arrivés dans la section des cervidés, j’ai changé d’avis.

Non, mais c’est quoi, ces monstres ? Ils sont horribles ! Je me suis alors offert une crise, mais une crise, mes amis ! Ça a fait fuir les caribous et les wapitis en mille fois moins de temps que le déplacement des cerfs de Longueuil en a pris.

J’ai toutefois retenu une chose de ma visite au parc Oméga. J’ai remarqué comment avançaient les animaux. Futé, le mec ! De retour à la maison, j’ai cessé de ramper et j’ai commencé à avancer à quatre pattes. C’est tellement plus rapide, vous ne trouvez pas ?

En septembre, j’ai eu une poussée de fièvre. Mes parents et ma sœur avaient des symptômes de rhume. On s’est rendus dans un endroit avec des gens qui avaient de grandes blouses et des visières. On nous a rentré une tige dans le nez.

Pour ma part, j’ai trouvé ça aussi désagréable que de me faire changer de couche !

Quelques jours plus tard, mes parents ont poussé un soupir de soulagement.

En octobre, j’ai fait mon entrée à la garderie, étant donné que papa et maman retournaient au boulot. Là-bas, tout le personnel porte un couvre-visage. Mes amis et moi trouvons ça difficile par moments. Pas moyen de savoir si l’éducatrice est de bonne humeur ou pas.

L’autre jour, sur un petit écran, le monsieur qui se tape continuellement sur le dos de la main pour dire qu’il faut aplatir la courbe nous a annoncé qu’on allait avoir un temps des Fêtes différent. Je ne peux pas comparer, c’est mon premier.

Mes parents ont installé un arbre décoré de lumières et de boules multicolores. Je n’ai jamais vu un truc aussi beau de ma vie. Ils ont pris soin de le mettre en hauteur. Ils sont malins !

Il paraît que je vais recevoir Sven en peluche. Eh oui, moi aussi, j’ai fini par craquer pour La reine des neiges.

D’ici là, je m’amuse. Il y a quelques jours, pendant que mon père cuisinait, j’ai attrapé des choses qui étaient sur le bord du comptoir (oui, je peux maintenant m’accrocher aux meubles et faire quelques pas). Quand mon père s’est retourné, je faisais la fête à la livre de beurre.

Très sincèrement, je vous souhaite d’avoir autant de plaisir !

— Siméon