Des employés du Centre Phi ont donné une version des faits qui semblait confirmer celle de leur patronne Phoebe Greenberg, qui accuse son ancienne assistante d’avoir détourné une dizaine de millions de dollars en 2016-2017.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Le procès intenté par l’héritière d’une des plus grandes fortunes au Canada Phoebe Greenberg à son ancienne assistante Sandra Testa tire à sa fin. Mercredi, au palais de justice de Montréal, l’avocate de la mécène, MCara Cameron, a interrogé pour la dernière fois quelques témoins, dont sa cliente à nouveau.

Contredisant ce que Mme Testa a indiqué au juge de la Cour supérieure David R. Collier, Mme Greenberg a réfuté plusieurs dépenses qu’elle aurait autorisées à son assistante en 2016-2017, dont celles faites dans plusieurs magasins de luxe et une galerie d’art.

Questionné à propos de nombreux achats, Sandra Testa avait pourtant affirmé qu’elle les avait faits à la demande de sa patronne, dont plusieurs lors de périples dans d’autres villes. À ce propos, MCameron a demandé à Mme Greenberg ce qu’elle avait demandé que Mme Testa lui achète à New York. « Rien », a répondu du tac au tac la fondatrice du Centre Phi. En Italie ? « Rien. » À Miami ? « Rien. » À Las Vegas ? « Rien. »

L’ancienne présidente du Centre Phi, Pina Mancuso, a aussi été rappelée à la barre. Elle n’a pas caché son étonnement lorsque l’avocate lui a posé une multitude de questions à propos de dépenses qu’elle aurait autorisées à Mme Testa. Des dépenses, en grande majorité, qu’elle a nié avoir acceptées. Elle n’aurait par exemple pas autorisé un trajet entre New York et Montréal, en jet privé, à Mme Testa et à l’homme d’affaires Nabil Salaheddine. « Jamais, jamais », a-t-elle répondu, sous le choc.

MCameron a poursuivi en demandant quelles dépenses elle a acceptées pour la famille et les amis de M. Salaheddine, dont il est régulièrement question dans ce procès. Après avoir poussé un long soupir, Mme Mancuso a lâché : « Jamais, jamais je n’ai autorisé à Mme Testa qu’elle paie des dépenses pour M. Salaheddine et sa famille. »

Il a aussi été question de l’appartement où vivait Mme Testa, au Westmount Square. Cette dernière a affirmé que son loyer était payé par Mme Greenberg, une décision qui aurait été prise par sa patronne ainsi que par Mme Mancuso.

Pardon ? Vous me demandez si j’ai donné l’autorisation pour qu’on paie pour son appartement ? Absolument pas ! Absolument aucune autorisation pour payer son loyer ! C’est la première fois que j’entends ça.

Pina Mancuso, ancienne présidente du Centre Phi

Parmi les autres employées du Centre Phi qui ont témoigné, il y a eu Cynthia Raposo, qui a précisé que sa supérieure était Mme Testa en 2016-2017. Elle a dit au juge que Mme Testa lui avait offert, ainsi qu’à son conjoint, un billet d’avion du Maroc au Québec. Et qui a payé pour cette dépense ? Pour Mme Raposo, c’était un cadeau de Mme Testa. « Elle ne mentionnait jamais la source, par contre, ça venait toujours d’elle. Selon moi, c’était toujours de sa propre poche. Et voyant Mme Testa toujours dans l’abondance, et entourée de gens dans l’abondance, pour moi, elle venait tout simplement d’un monde d’abondance », a-t-elle précisé.

Le procès devrait reprendre vendredi avec les plaidoiries.