Le Canada condamne fermement l’exécution par l’Iran du journaliste Rouhollah Zam, samedi.

Associated Press

L’Iran a exécuté le journaliste exilé pour son travail en ligne qui a contribué à inspirer des manifestations dans tout le pays en 2017. Il y a un peu plus d’un an, les autorités iraniennes avaient attiré Rouhollah Zam en Irak où il a été enlevé.

Le journaliste de 47 ans était l’une des nombreuses personnalités de l’opposition qui avaient été capturés par des agents des services de renseignement iraniens à l’étranger ces derniers mois.

L’enlèvement et l’exécution de Rouhollah Zam, qui vivait à Paris sous ce que l’Iran a décrit comme la protection du gouvernement français, refroidiront probablement davantage une opposition iranienne déjà dispersée à travers l’Occident. Cela survient également alors que l’Iran tente de faire pression sur la France et d’autres pays européens au sujet de l’accord sur le nucléaire qui s’est effondré sous l’administration du président Donald Trump.

L’exécution a suscité une condamnation internationale immédiate.

« Nous nous opposerons toujours à tous ceux qui cherchent à miner le travail essentiel et la sécurité des journalistes », a indiqué Affaires mondiales Canada qui a condamné fermement l’exécution.

« C’est un acte barbare et inacceptable », a déclaré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué, qui a également qualifié l’exécution de « dur coup » à la liberté d’expression et à la liberté des médias en Iran.

Le ministère allemand des Affaires étrangères s’est déclaré choqué des circonstances de la condamnation de Rouhollah Zam et de ce qu’il a qualifié d’« enlèvement à l’étranger ».

Diana Eltahawy d’Amnistie internationale a déclaré que « l’exécution de Zam est un coup mortel à la liberté d’expression en Iran et montre l’étendue des tactiques brutales des autorités iraniennes pour susciter la peur et dissuader la dissidence ».

La télévision d’État iranienne a qualifié Rouhollah Zam de « chef des émeutes » en annonçant son exécution par pendaison samedi matin. En juin, un tribunal a condamné le journaliste à mort, affirmant qu’il avait été reconnu coupable de « corruption sur Terre », une accusation souvent utilisée dans des affaires d’espionnage ou de tentative de renversement du gouvernement iranien.

Le site Web de Rouhollah Zam, AmadNews, et une chaîne qu’il a créée sur l’application de messagerie populaire Telegram avaient diffusé les horaires des manifestations et des informations embarrassantes sur des haut placés qui contestaient directement la théocratie chiite iranienne, en 2017.

C’est la hausse soudaine des prix des denrées alimentaires qui avait créé l’étincelle qui avait mené aux manifestations de 2017 lors desquelles 5000 personnes auraient été arrêtées et 25 tuées.

Une série de confessions télévisées a été diffusée plus tôt cette année concernant son travail. Lors d’une interview en juillet, Rouhollah Zam avait déclaré qu’il avait perdu environ 30 kilogrammes depuis son arrestation en octobre 2019.