Même s’il s’est dissocié d’une enquête de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec faisant état de vives critiques à son égard, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) assure être prêt à y donner suite.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

« S’il y a des fonctionnements du Ministère qui mettent à mal la pratique du génie forestier, on est ouvert à entendre ça et à travailler avec l’Ordre », a déclaré Alain Sénéchal, sous-ministre associé au MFFP, en entrevue téléphonique mardi.

Le Ministère emploie près du tiers des ingénieurs forestiers québécois. Une enquête indépendante, commandée par l’Ordre pour cerner les perceptions et enjeux ressentis par l’ensemble de ses membres, a fait récemment écho à plusieurs critiques de la part de ceux qui travaillent pour l’État québécois.

Le Ministère, qui a pourtant financé une part importante de l’exercice, a refusé d’endosser le rapport et s’est retiré du comité de suivi regroupant plusieurs acteurs du secteur forestier. Il préfère faire affaire directement avec l’Ordre, au sein d’un comité bipartite existant.

« Des commentaires de 2 personnes sur 300 qui sont appuyés par pas grand-chose, on ne s’y attardera pas longtemps, mais des commentaires qui reviennent sur 50 personnes et où on est capable de diagnostiquer un vrai problème, on veut adresser cette question-là », expose M. Sénéchal.

Les ingénieurs forestiers œuvrant dans la fonction publique provinciale sont ceux qui ont donné la note la plus faible à leur organisation. Certains ont aussi ajouté des commentaires dénonçant notamment un « sentiment de travail bâclé » et des « instructions de travail non cohérentes ». Si le MFFPQ s’est dissocié du rapport, ce n’est pas à cause des commentaires cités, mais parce que leur fréquence n’est pas mentionnée, explique M. Sénéchal.

« Un ordre professionnel, c’est essentiellement pour protéger le public. Je n’ai pas la démonstration que le public ou le bien publie est en danger », souligne le sous-ministre associé.

Le désengagement du Ministère à l’égard du rapport puis du comité de suivi réunissant de nombreux autres acteurs de la foresterie a « vraiment déçu » l’Ordre, nous a indiqué son président, François Laliberté.

Devant le grand nombre d’enjeux soulevés dans l’enquête, l’Ordre a décidé mardi de demander sous peu à ses membres d’indiquer ceux auxquels ils jugent prioritaire de donner suite. « Si ça concerne le Ministère, on va l’interpeller directement, que ce soit le ministre ou les sous-ministres », dit M. Laliberté.

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